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16 September 2015

Bilan estival positif pour les festivals ligériens

Du durable et de l'audace !

En Pays de la Loire, comme pour s’assurer un été indien, la saison des festivals se poursuit sur les 2 prochains week-end de septembre. Mais d'ores et déjà, on peut affirmer que la saison fut une réussite avec des programmations audacieuses et des démarches responsables. En effet, à l'image des festivals impliqués au sein du Pôle dans une démarche collective de développement durable, nombreux sont les organisateurs d’événements musicaux qui innovent sur des enjeux sociétaux.

C’est la rentrée. Quand la majorité des français reprennent le chemin du travail, les organisateurs de festivals font le bilan de leurs éditions estivales. Et nombreux sont les médias à relayer ces informations via des cartographies (Ouest-France), de la data visualisation (Télérama) ou encore de longs focus sur le quotidien d’un organisateur (focus.be). Premier constat, les chiffres publiés montrent toujours une hausse. Cela atteste d’un secteur en croissance et, selon Ouest-France, « confirme la bonne santé de la musique live ». La réalité de terrain montre aussi que le secteur connait de véritables mutations : prise en compte d'enjeux de développement durable, inscription des festivals dans l'économie locale, bascule vers un modèle gratuit ou mixte...

Une fréquentation en hausse

Les chiffres de fréquentation en hausse indiquent bien une démocratisation du phénomène « festival ». Ainsi, l’ouverture au grand public induit souvent une programmation artistique "sécurisée" à travers des têtes d’affiches fédératrices, dites mainstream. Dans le top 3 ligérien des plus grosses affluences de spectateurs payants, on retrouve 2 événements très généralistes, les Nuits de l’Erdre (44) et le Festival de Poupet (85).

Toutefois, la plus grande fréquentation est obtenue par un événement spécialisé, le Hellfest (44) et ses musiques extrêmes. A l’image de ce dernier, les événements "de niche" ont connu un très bel été avec des fréquentations en hausse pour le Dubcamp (44) dédié à la culture Sound System, les festivals Teriaki (72) et l’Ere de rien (44) et leurs musiques indépendantes ou encore Terra Incognita (53) avec son soutien à l’émergence. Preuves, s’il en fallait, que le public reste en attente de propositions artistiques fortes, et de découvertes.

L’ouverture sur tous les publics

La démocratisation des concerts de musiques actuelles est également liée à la volonté des organisateurs de toucher et de sensibiliser le plus grand nombre et surtout les personnes éloignées culturellement des concerts. Dans cet esprit, on compte de plus en plus d’actions culturelles en partenariat avec des associations locales. Quelques exemples : Les Heures d’été (44) travaillent avec le CHU de Nantes ; Les 3 éléphants (85) s’invitent dans les lycées ; Le Hellfest (44) fait visiter ses installations aux seniors ; Ou encore Le festival Le Singe en été (53) implique des patients du Centre Hospitalier Nord Mayenne dans l’organisation de l’événement…

L’ouverture à tous les publics implique aussi l’accessibilité des événements aux personnes handicapées (mobilité réduite, non ou malvoyant, sourd, muet…). Grâce entre autre à l’association Quest’Handi, lauréate des trophées nationaux de l’accessibilité, la Mayenne (53) compte par exemple de nombreux  événements accessibles tels que les Mouillontins (Cuillé), Les 3 éléphants (Laval) et les Foins de la Rue (St-Denis de Gastines).

du off et du gratuit !

"Hors course" pour le comparatif de fréquentation, les événements gratuits attirent aussi beaucoup de public sur des programmations généralistes mais aussi sur des esthétiques spécialisées. Ainsi, les Rendez-Vous de l’Erdre (44) ont offert une programmation jazz à près de 170 000 spectateurs sur plusieurs villes, selon leur estimation. A noter que cette année, cette hausse s’explique aussi à travers la mise en place d'un partenariat avec les cafés-cultures adhérents au Collectif Culture Bar-bars à Nantes qui a  permis aux organisateurs de proposer un Off. Et en effet, ces lieux de proximité permettent de toucher directement de nouveaux publics.

Par contre, la baisse de fréquentation des 3 éléphants (53) s'explique cette année par l'annulation d'une partie de la programmation gratuite de l'événement suite aux intempéries. A revers, cette annulation montre à quel point le Off a pris de l'importance ces dernières années pour l’événement mayennais.

Des festivals engagés

Une dizaine de festivals ligériens ont décidé de coopérer et de monter en compétences sur les sujets du développement durable. Ils co-financent notamment une étude sur le transport des publics et de l'impact économique des festivals. Ils vont également bénéficier d'un accompagnement spécifique. Leurs dispositifs innovants seront présentés lors de la Greenweek, en octobre prochain à Nantes.

les alternatives aux financements publics

L’équilibre économique des événements est toujours aussi fragile. L’activité d’une année de travail doit se financer sur un unique week-end. Et pour faire face à la raréfaction du financement public, les organisateurs s’adaptent et se tournent notamment vers les entreprises. Ainsi, le premier de la classe sur ce point reste le Festival de Poupet (85). Le mécénat et les partenariats ont une nouvelle fois progressé pour atteindre 800 000 € soit 30% du budget du festival. A titre de comparaison, les aides publiques représentent 3% de son budget.

Les manceaux de Teriaki (72) ont également travaillé leur réseau d’entreprises. Les installations d'art ont été financées par des partenaires privés. Et si le budget de l’événement sarthois est moindre par rapport au festival vendéen, au global, les pourcentages de financements privés sont identiques.

Ces cas restent extrêmement rares. La crise économique, le manque de liens entre les secteurs économiques et culturels, des questions d'images,… Les raisons expliquant les difficultés à développer les financements privés peuvent être nombreuses. Elles se décuplent lorsque les organisateurs, jeunes actifs ou étudiants, sont distants du monde de l’entreprise.

Les bénévoles, AU cœur des projets

Dans tous les cas, l’une des forces des festivals est sa capacité à fédérer de nombreux bénévoles expérimentés. Ainsi, pour équilibrer son budget, l’association Ghetto Art, organisatrice du festival futuriste 2440, s’est mobilisée sur de nombreux évènements dont le Dub Camp (44), le festival Couvre-Feu (44) ou encore un rendez-vous du Solilab.

Au-delà des missions pratiques qu'ils effectuent et de l'esprit festif qu’ils procurent à un festival, les bénévoles assurent l’ancrage territorial des événements. Leur implication permet d’installer le festival dans l'histoire et le patrimoine local.

La grande évolution constatée depuis plusieurs années est leur multiplication toujours plus forte. Une étude sur les festivals ligériens, faite en 2008 par le Pôle, indiquait une moyenne de 130 bénévoles lors d’un événement avec un maximum de 500 sur un événement en plein air. Cet été, les organisateurs ligériens ont mobilisé beaucoup plus large, avec plus d’un millier de personnes en Mayenne pour les Foins de la Rue et environ 850 bénévoles au Dubcamp (44). Même les événements indoor, nécessitant moins d’installations, dépassent la moyenne de 2008. Ainsi on compte plus de 150 bénévoles sur 2440 (44) et environ 200 sur Scopitone (44).

à venir :

A la mi-septembre, ce bilan ne peut pas être exhaustif. Comme dit en début d'article, en région des Pays de la Loire, on aime poursuivre cette saison estivale avec quelques festivals en septembre. Et surtout, depuis plusieurs années, les festivals ne se concentrent plus sur la seule période d'été. Le Pôle compte parmi ses adhérents des festivals indoor sur l'automne et l'hiver.

 

 

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