^ arrow_upward
16 August 2015

Scopitone

Toujours un temps d’avance

En 2002, si la vague du numérique s’apercevait à l’horizon, le raz-de-marée, lui, n’avait pas encore frappé notre quotidien. Il fallait faire preuve d’un peu de flair pour saisir l’importance qu’allaient prendre les flux de données dans toutes les strates de la société. Mêlant arts numériques et musiques électroniques, le festival Scopitone est né cette année-là à Nantes d’une réflexion entamée des années plus tôt sur le développement des Technologies de l’Information et de la Communication.

Eric Boistard, directeur de l’événement, revient sur la genèse de ce projet, le dialogue qu’entretien ce rendez-vous avec la Scène des Musiques Actuelles de la ville et sur son organisation, forcément braquée vers l’avenir.

Depuis sa création, quelle équipe est à l’œuvre derrière Scopitone ?

Il s’agit de l’association Songo, également porteuse du projet Stéréolux [ndlr : SMAC de Nantes]. On retrouve dans Scopitone l’ensemble des activités que nous menons à l’année avec Stéréolux mais avec deux avantages supplémentaires. D’une part, nous sommes sur un format événementiel, donc court, permettant d’attirer plus facilement l’attention du public et des médias. Et d’autre part, c’est une opportunité de proposer des œuvres qui n’auraient pas leur place à Stéréolux pour des raisons techniques. Nous utilisons une dizaine de sites sur Nantes à cet usage, parfois en coproduction avec les lieux concernés.

Pouvez-vous nous expliquer comment se nourrissent les deux projets ?

A la fin des années 90, nous faisions beaucoup de programmation techno à l’Olympic [ndlr : ancienne salle de concert de Nantes, fermée en 2011]. Nous avons pu voir des collectifs émergeants comme High Tone ou EZ3kiel mélanger la musique et l’image. C’était les débuts des installations dites « immersives » et nous nous sommes aperçus que les VJs des collectifs [artistes projetant des animations visuelles synchronisées sur de la musique en temps réel] avaient souvent leurs propres travaux à côté. Avec la puissance croissante des ordinateurs, des modems et des flux, on s’est dit que quelque chose d’important était en train de se produire. Nous avons donc réfléchi à un projet qui nous permettrait d’accompagner les artistes en ce sens et d’assurer un rôle de médiateur entre ces nouvelles formes d’art et le public. Stéréolux a ouvert ses portes en 2011 mais sa conception remonte à la période 2002-2004. Scopitone a été un pilote pour sa création puisqu’à travers le festival, nous avons expérimenté beaucoup d’activités comme des actions culturelles ou de diffusion mélangeant les genres. C’est ce qui explique la mise en orbite rapide de Stéréolux, et le fait d’avoir un projet bien évalué et testé dans ces nouveaux bâtiments.

Et comment se passe la gestion des équipes ?

L’organisation de Scopitone inclue l’intervention des bénévoles de l’association, de ses 27 permanents, du conseil d’administration et des prestataires. Pour ces quatre catégories, il y a des dispositifs communs et d’autres plus spécifiques car les attentes et les besoins ne sont pas les mêmes. Concernant la partie associative, 150 bénévoles interviennent pour le festival. Nous essayons de les suivre tout au long de l’année. Ils choisissent d’abord leur activité, puis assistent à la réunion avec les responsables de pôles et participent ensuite aux moments festifs en amont et aval du festival. L’association comptait 291 adhérents en 2014. Sous forme d’assemblée générale, ils valident ou non le projet artistique élaboré entre le conseil d’administration et l’équipe permanente. Des activités leurs sont exclusivement dédiées comme des ateliers vidéo, par exemple. Nous avons aussi mis en place des systèmes d’évaluation offrant à chacun – permanents, prestataires, bénévoles - la possibilité d’effectuer un retour sur les problèmes qu’il a rencontré pendant le festival et ce qui a fonctionné. Une fois ces évaluations récoltées, nous faisons une réunion de synthèse reprenant toutes ces remarques pour fixer les objectifs de la prochaine édition. En plus de ce dispositif, l’équipe permanente bénéficie d’évaluations annuelles et d’entretiens individuels. Il y a donc un suivi très important.

Vous faites notamment intervenir du matériel de pointe pour le festival. Parvenez-vous à travailler avec des prestataires de la région ?

Oui, de Nantes ou de la région. Il y a parfois du matériel que nous faisons venir de Paris pour une raison évidente : c’est qu’il n’est pas disponible dans l’ouest. Mais la plupart du temps nous travaillons avec des locaux et régionaux. Les frais seraient peut-être moins élevés si nous allions voir à l’étranger mais si nous voulons faire progresser le territoire, c’est en mettant à contribution ses ressources que nous pouvons y parvenir.

Beaucoup de lieux sont également accessibles gratuitement pendant la manifestation. Est-ce un choix de l’association ?

Il y a plusieurs raisons à cela. Pour commencer, on se voyait mal faire payer deux, trois ou quatre euros l’accès à chaque exposition sur les différents sites du festival. Comme nous sommes déjà sur des formes d’art expérimentales, l’affluence aurait été moindre et nous aurions probablement perdu de l’argent en engageant du personnel pour contrôler les entrées. Concernant les concerts, la soirée d’ouverture est parfois gratuite pour des raisons d’organisation. Lors de la première édition de Scopitone, le Pôle Étudiant avait programmé sa soirée d’ouverture de saison une semaine après le festival. On s’est dit après que nous devrions organiser une soirée en commun plutôt que de faire les choses chacun dans notre coin. Et comme les soirées du Pôle Étudiant sont d’ordinaire gratuites, nous avons conservé ce principe. Idem pour les soirées du festival au bar du Lieu Unique qui, lui aussi, est toujours accessible gratuitement. Après, rien n’est gravé dans le marbre. On peut aussi considérer la gratuité comme dévalorisante pour le travail des artistes. On se laisse donc le droit de faire évoluer notre formule.

 

développement durable festival

Articles similaires

Association

2019/2022 : Un projet stratégique sur 4…

4 priorités sur 4 ans, autour de 4 missions !

Validé par le Conseil d'administration du Pôle, le 24 avril 2019, et présenté aux adhérents en Assemblée Générale, le 24 mai dernier, le projet stratégique est un document qui pose le cadre de l'action du Pôle. D'une trentaine de pages, il est établi pour 4 ans, soit deux mandats d'administrateurs au CA. Il présente le contexte, les objectifs, les…
Actualité

Vers une nuit écologique & durable

Les politiques et les acteurs de la Nuit intègrent le développement durable

La conscience collective avance. Et, la Nuit ne peut faire l’impasse sur l’écologie et le développement durable. Les festivals de musiques actuelles expérimentent déjà depuis des années des dispositifs liés à l'écologie : parc de gobelets, toilettes sèches... Certaines de ces idées sont même entrées depuis dans la vie courante. Mais les enjeux cli…
Actualité

Egalité "Femmes/Hommes" dans la culture

La DRAC organise une rencontre le 7 mars avec les Fameuses

La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire et les Fameuses organisent une rencontre sur l'égalité "femmes-hommes" dans la culture. Cet événement "gratuit" est destiné aux professionnels des arts et de la culture, et a pour but de "faire de notre territoire un laboratoire exemplaire" en la matière. Un focus sur les …

Annonces des adhérents

Ici c'est cool
Ici c'est cool
Ne laissons pas la violence pourrir l'ambiance
Podcast Metal
Podcast Metal
Metal studies Recherches d’Enfer
Appel à projets radios
Appel à projets radios
Saison 20-21 Jet FM
Le Pôle v2.0.101 is currently being updated to v2.0.101
please wait & do nothing