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14 June 2016

Compte-rendu des Ateliers

RDV du Pôle mai 2016

Pas moins de 8 ateliers ont été proposés à la centaine de participants aux RDV du Pôle de mai 2016. Ces derniers se sont tenus en parallèle du Festival Les 3 Éléphants à Laval. Retrouvez ici l'ensemble des contenus de certains ateliers.
Observation de la filière musicale

 Dans le cadre de l’observation de la filière musicale, nous avons partagé les premiers résultats de l’enquête en cours :  plus de 1000 structures agissant dans le champ des musiques actuelles
en région ont été identifiées. 1/4 d’entre elles ont accepté de répondre à l’observation du Pôle. Qui sont ces structures ? Que font-elles et où agissent-elles ? Après un panorama de l’écosystème et un échange autour des données récoltées, nous avons identifié collectivement quelques enjeux à illustrer dans les prochaines publications.

Nous avons également présenté nos travaux autour d’une nouvelle grille d'analyse cherchant à mettre en valeur la diversité des modèles économiques et statutaires des structures culturelles. Cette réflexion vise à rendre compte des complémentarités entre trois formes d'activités : celles relevant de l’intérêt général, les activités privées d’utilité sociale et les activités lucratives.  Nous avons débattu des indicateurs utilisés et de notre façon de nommer ces réalités. 

Retrouvez dans ce document les premiers résultats concernant la filière musicale et les nouveaux indicateurs d'utilité sociale.

Action Culturelle : mise en oeuvre d'un outil commun 

L’action culturelle se traduit par la mise en œuvre d'une démarche, une manière procédurale et méthodologique. L'action culturelle est ainsi amenée à se penser explicitement en rapport à des enjeux de société, des préoccupations prioritaires d’inter action, dans lesquels la manière de faire et la prise en compte des contextes particuliers comptent davantage que les seules questions de contenu ou de contenant.

Ce cadre nécessite :

  • de développer une "analyse partagée du territoire", un travail de mobilisation des populations, des partenaires,…, pour les associer à la définition des enjeux prioritaires, puis à la construction et la mise en œuvre du projet.
  • de développer des indicateurs à même d’accompagner cette démarche et de les évaluer (indicateurs qualitatifs sur les modes d’élaboration partagée, sur le souci et la mise en œuvre des inter actions,…).

L'objet de l'atelier, et du groupe de travail qui se constitue, est de créer un espace d’échange entre acteurs Musiques Actuelles et interlocuteurs sur le thème de l’Action Culturelle.
Il y a déjà beaucoup d’outils existants. Il ne faut pas recréer l’existant, mais bien concentrer les points concernant la filière. Il y a une volonté de se former sur l’Action Culturelle. Un espace de veille est la première étape.

Une question de base a longuement était débattue : définir la place de l’Action Culturelle dans le projet global d’une structure.

  • aller vers les populations
  • éviter la diffusion sèche
  • principe de droit culturel et démocratie culturelle

Pour participer à ce groupe de travail, n'hésitez pas à contacter Julien : julien@lepole.asso.fr

Accompagnement et postures pédagogiques

Coopérer entre acteurs pour renforcer l’accompagnement des artistes

1)    L’accompagnement : une notion floue 

En 2005, Jean Pierre SAEZ, Directeur de l'Observatoire des politiques culturelles introduisait en ces termes le colloque de Toulouse  « enseigner les musiques actuelles » : "Votre précieuse singularité, c'est de vous être appuyés sur le principe d'accompagnement. En ce sens, vous incarnez la promesse d'une école citoyenne"

Dès les premiers pas du praticien des musiques actuelles, la notion d’accompagnement est présente.

On parle ensuite d’accompagnement quand il est question de la première scène, du travail au quotidien du musicien ou du groupe, des répétitions comme des démarches de création, de formation professionnelle, d'information et de conseil, de l’organisation de tournées, de gestion de carrière, de production de disque,….

Pour prendre en compte ces singularités comme les évolutions fondamentales intervenues dans le domaine de l’enseignement et de la transmission, le ministère de la culture a mentionné cette notion de l’accompagnement dans chacun des textes dont il est l’auteur (schémas d’orientation pédagogique de l’enseignement musical, cahier des charges smac, solima…).

Ainsi, le musicien aura la possibilité d’être accompagné tout au long de son parcours, selon ses besoins.

Dans le champ de la formation des musiciens, déjà en 1998, la Commission nationale des musiques actuelles avait identifié, parmi les caractéristiques propres au champ des musiques actuelles :

>> le fonctionnement collectif qui précède ou accompagne généralement la demande de formation – individuelle ou collective,

>> le lien apprentissage / création / diffusion ».

En 2006, le Plan pour une politique nationale et territoriale des musiques actuelles repérait un certain nombre de traits caractérisant ces parcours dans ces familles musicales, parmi lesquelles :

>> des trajectoires de formation et de professionnalisation multiples, variées et non linéaires, avec une formation autodidacte fréquentes et des possibilités de carrière plus tardives.  ;

>> des modes d’apprentissage amenant les musiciens à fréquenter à la fois les studios de répétition, les établissements d’enseignement spécialisés et les structures associatives d’enseignement de la musique;

Cette diversité des acteurs investis dans les formations avaient été regroupés de la façon suivante :

>> les acteurs qui interviennent dans le domaine de l’enseignement et la formation : conservatoires, écoles privées, centres de formation professionnelle, autres lieux ou organisations, …

>> les acteurs qui interviennent dans le spectacle vivant et enregistré : artistes (professionnels et/ou amateurs), porteurs de projets, festivals, Smac, sociétés de production, labels discographiques, disquaires, presse spécialisée…

>> les organisations qui représentent les acteurs des musiques actuelles : organisations syndicales du secteur, employés et employeurs, fédérations professionnelles du secteur, fédérations régionales…

>> les organismes professionnels et structures de services (organismes nationaux, associations régionales et départementales de développement des activités musicales et chorégraphiques, pôles régionaux des musiques actuelles, …)

>> les pouvoirs publics (représentants de l’Etat, des collectivités territoriales, …).

Quelques grands principes et modes opératoires doivent donc guider la fonction d’accompagnement dans sa diversité, prenant en compte cette pluralité des acteurs concernés.

Le 9 novembre 2015, les RDV du Pôle à Angers, avec un atelier « Développement artistique et culturel » : Emergence, accompagnement, développement, pédagogie et transmission, quelles coopérations entre les familles d’acteurs, entre courants artistiques ».

Nous avions en particulier pointé les différences entre accompagnement et développement d’artistes, mais aussi échangé sur les liens entre enseignement et accompagnement.

Sans l’approfondir, nous avions déjà identifié les nombreuses actions et fonctions différentes qualifiées par ce même terme de l’accompagnement.

En prenant le soin de ne pas refaire l’atelier qui avait eu lieu à Angers en novembre dernier, ni de paraphraser les  nombreux colloques, séminaires et productions sur le sujet, l’objectif de cet atelier était donc :

>> de préciser cette notion floue de l’accompagnement,

>> d'en dégager les différences, et surtout, d’envisager ensemble des moyens de mieux identifier la fonction, les missions de chacun et l’action qui peut être la sienne, pour accompagner les musiciens dans leur parcours ;

Quelles compétences requises (diagnostic, orientation, ingénierie, mise en œuvre, évaluation…), quels moyens nécessaires, quelles méthodologies de travail, quel cahier des charges, quelle coordination…

 

2)    Témoignage : Thierry Duval, du collectif RPM

 Dans le domaine de la pédagogie, Le Collectif RPM a grandement développé cette question de l’accompagnement. Ce collectif est né à la fin des années 90 de la nécessité de formaliser les expériences pédagogiques menées par un certain nombre de structures de musiques actuelles, qui jusque-là se situaient « en creux » par rapport au système de l’enseignement spécialisé. Le principe de l’ « accompagnement » a été posé ainsi :

La référence à l’éducation populaire :

>> Multiplier les espaces d’apprentissage,

>> Le droit à la parole pour les « apprenants »

>> Organiser en permanence le débat sur « la musique », ses valeurs, ses références, ses différentes formes d’engagement

>> Le travail sémantique à partir de travaux réalisés sur l’accompagnement dans le domaine social avec plusieurs notions :

>> La solidarité, on s’intéresse à ce que produisent les musiciens et pas seulement à leurs acquisitions,

>> L’idée de cheminement, que l’on peut dissocier de la notion de cursus où les parcours sont prédéfinis

>> Etre une « ressource disponible », et distiller des informations, méthodes, au gré du parcours de l’apprenant.

Les outils de l’accompagnement :

>> Le contrat : les engagements réciproques entre le musicien apprenant et l’organisation porteuse du dispositif (du diagnostic partagé aux objectifs négociés)

>> Le réseau de compétences : ne pas croire que seul (structure) on peut répondre à toutes les demandes mais construire une chaîne de structures et personnes ressources à l’échelle d’un territoire,

>> L’expérimentation : sortir des normes (ou les expliciter) pour s’autoriser à faire différemment.

 

Dans le débat sur la différence entre « développement » et « accompagnement » : L’accompagnement est une posture, une philosophie d’action mais pas un objectif. Des objectifs pourraient être l’insertion professionnelle, l’épanouissement, le développement de carrière, etc…

 

Différents types de métiers sont concernés dans ce débat :

>> ceux centrés sur l’acquisition de compétences : profs, accompagnateurs, …

>> ceux centrés sur la production artistique, le développement de notoriété : programmateur, producteur, etc…

L’idée est de créer des espaces de rencontre, confrontation, explicitation entre les acteurs de ces deux champs à l’échelle du territoire afin de mieux cerner les savoir-faire, ambitions des uns et des autres, les normes implicites et explicites qui nous guident immanquablement, et d’élaborer à partir de ça des dispositifs expérimentaux.

Il faut aussi débattre et formaliser sur le territoire ce que veut dire « coopérer » : que met-on dans le pot commun, quels sont les objectifs prioritaires et secondaires, comment mesure t on leur réussite… Créer des espaces de régulation qui doivent/peuvent éviter certains risques liés à des positions dominantes. La coopération concerne les structures mais aussi et surtout les individus, il faut donc créer les conditions pour qu’ils puissent aussi expérimenter, sortir de leur « zone de confort », aller voir ailleurs et s’imprégner d’expériences menées sur d’autres territoires.

3)    Echange avec les participants

Le débat a grandement porté sur la légitimité que chaque structure peut ou non revendiquer en matière d’accompagnement, puis sur les préalables ou conditions nécessaires à la construction d’une chaîne de compétences entre acteurs.

>> Plusieurs conditions sont ainsi évoquées :

>> instaurer des relations de connaissance et de reconnaissance ;  chacun connait et reconnait les membres du réseau et les compétences de chacun d’eux.

>> Connaître en premier lieu ses propres domaines de compétence selon des indicateurs existants et/ou définis en commun. Au-delà de son champ de compétences, savoir orienter vers les autres membres et champs de compétences du réseau : c’est aussi inciter à aller voir ailleurs, inviter à la curiosité… Eviter à tout prix la posture où chacun se définirait comme porteur de compétences générales et universelles…  

>> Donner une priorité à l’intérêt général et à l’intérêt des personnes à accompagner sur l’intérêt particulier de chacun.

>> Construire ensemble de nécessaires relations de confiance entre acteurs

 

Dans ce cadre, plusieurs orientations de travail sont suggérées :

>> Identifier et nommer toutes les compétences requises pour être en mesure de proposer un accompagnement complet, dans tous les domaines.

>> développer l’analyse de ses pratiques, afin de mieux identifier ses propres compétences. S’appuyer en cela sur des outils et méthodologies existants (référentiels de compétences, accompagnement de VAE, validation d’acquis de l’expérience…).

>> Identifier les acteurs constituant sur son territoire, le réseau d’acteurs, la chaîne de compétences, en matière d’accompagnement.

>> Une charte peut lier ces acteurs, définissant des façons de travailler ensemble.

>> Faire une évaluation des dispositifs d’accompagnement proposés

 

La question du diagnostic et de la nécessité ou non de travailler avec des indicateurs a été posée et débattue, en particulier à partir de constats parfois sévères de dispositifs existants (artistes en scène, starter,…) : dispositifs de saupoudrage, insuffisant et portant sur des diagnostics incomplets…. au risque de « griller les groupes ou artistes »

Etude sur les musiciens

Une enquête portant sur plus de 800 musiciens se produisant sur scène a été lancée par le Pôle en 2015, en collaboration avec la Fraca-MA (réseau Musiques Actuelles en région Centre). Elle vise à connaître et faire connaître les conditions de vie et de pratique des musiciens se produisant sur scène, qu’ils soient professionnels ou non. Ce choix se justifie par une attention portée aux réalités : de nombreux musiciens présentent leurs productions en public sans pour autant vivre de la musique.

Les données de cette enquête touchant l’ensemble des styles musicaux, constituent un outil pour alimenter les réflexions et actions de chacun (artistes, structures de diffusion, pouvoirs publics...) concernant les pratiques musicales, leur évolution, leur richesse et leurs difficultés.

Dans ce document vous trouverez les premiers résultats de l'enquête portant sur l'ensemble des musiciens (qui paraîtra définitivement en octobre 2016) et les principaux résultats relatifs aux musiciens de Jazz spécifiquement. En effet en janvier dernier paraissait un focus sur les profils des musiciens de jazz.

Enfin vous pouvez retrouver les résultats commentés parus dans la Tribune d'Angers Mag.

Annonces des adhérents

Présentation Titre RNCP
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Titre CFPM de Musicien des musiques actuelles RNCP reconnu par l'Etat
Formation au Rythme Signé #1
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8, 9 juillet 2019 : initier à la musique pour les non musiciens.
Tranzistor #65
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L'art peut-il soigner ?
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