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08 November 2016

Trentes bougies !

le Fuzz'yon glâne ses souvenirs...

1986... à 2016... que de souvenirs à collecter. Pour les 30 ans de la Salle du Fuzz'yon, l'équipe de la Smac vendéenne invite son public à partager photos, vidéos et anecdotes. Un Wordpress a été mis en ligne pour permettre à tous de contribuer à cet archivage. Pour fêter cet anniversaire, 4 soirées spéciales vous ont été concoctées les 15, 17, 18 et 19 novembre !

Du Zimut au Fuzz'yon et vers le projet de nouvel équipement, l'histoire du lieu se lit et s'écrira au travers d'une multitude d'anecdotes individuelles. Une descente de scène de la chanteuse des "the Bellrays", un concert de Iena Vox, des captations vidéos de Rock sur Yon...

L'état des lieux sur les musiques amplifiées en Vendée, écrit par Gérôme Guibert en octobre 2001, Gérôme Guibert retrace la génèse et permet ainsi de contextualiser l'histoire du Fuzz'yon dans son environnement territorial.

la programmation des 30 ans

Mardi 15 Novembre : Parcels + Papooz
Jeudi 17 Novembre : Seratones + The Animen
Vendredi 18 Novembre : Velvet Goldmine
Samedi 19 Novembre : Civil Civic + Dan San + French 79

Possibilité d'acheter LA sérigraphie estampillées 30 ans
20€ / 30 exemplaires / 3 couleurs / format 40x60 cm

Genèse des Musiques amplifiées
extrait etat des lieux de Gérôme Guibert

La genèse
Si quelques concerts avaient déjà lieu depuis les années 70, c’est, comme pour le reste du pays, dans la deuxième partie des années 80 que se développent de façon rapide les groupes, les artistes et les associations liées au musiques amplifiées en Vendée.

Evoquons quelques unes des conditions qui permettent cette explosion artistique. Suite à la libéralisation des ondes votée en 81, plusieurs radios associatives (La Roche sur
Yon, Les Sables d’Olonne, Chantonnay...) investissent la bande FM. Elles permettent à des styles confidentiels d’être parfois diffusés (hard-rock, punk, garage...). De plus, la
concentration en place dans la distribution du disque n’est pas aussi prononcée qu’aujourd’hui, où plus de 50% des disques sont vendus en grandes surfaces. Il existe alors
plusieurs disquaires assez spécialisés dans les nouveaux courants musicaux (La Roche-sur-Yon, Fontenay, Les Herbiers...) qui font partager leurs goûts pour des artistes confidentiels.
C’est aussi le moment où des fanzines (magazines photocopiés réalisés par des passionnés) commencent à voir le jour.

Les nombreux groupes qui se forment cherchent des endroits pour jouer. Le Zimut ouvre ses portes à la Roche-sur-Yon en 1986. Puis apparaissent des festivals d’importance. Plusieurs sont organisés par des associations dans la salle du Bourg sous la Roche. En 1989 ont lieu les premières éditions des « Feux de l’Eté » à St Prouant et du « Rock Festival » de Fontenay. Le Faucon Malté ouvre à Notre Dame de Monts.

Avant tout, c’est vers les cafés que se tournent les nouveaux groupes et collectifs de tous styles. Par exemple, le bassiste des Little Rabbits m’a expliqué le rôle très important qu’a joué le Café de la Gare des Herbiers, permettant aux groupes des environs de se produire sur scène.Depuis cette période, le maillage du territoire en terme de cafés-concerts et d’associations, tout comme l’affluence du public aux concerts est un fait reconnu bien au delà de la région, et ce, dans de nombreux styles. Plusieurs groupes nantais (punk, reggae...) me confiaient à cet égard leur étonnement face au dynamisme vendéen.

Le parcours des groupes

Il n’en va pas de même de la durée de vie des groupes vendéens. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait. La Vendée ne possède pas de grandes métropoles (La Roche sur Yon est la cinquième ville de la région). Ainsi, même si la plupart des étudiants rentrent chez eux le week-end, une partie fonde des groupes dans les villes dans lesquelles ils s’en vont poursuivre leurs études (Nantes, Angers, Bordeaux...). Historiquement, c’est le cas de la chanteuse et du guitariste de Dolly par exemple. Les groupes « intermédiaires » ou « professionnels » partent également s’installer dans une ville plus grande afin de trouver des partenaires (maison de
disques, tourneurs...) et de travailler en meilleure synergie avec eux. Par exemple, les Little Rabbits sont partis à Nantes, Philippe Katerine est partis à Nantes, puis à Paris et les Condkoï sont partis à Toulouse.

Pour beaucoup de jeunes interrogés, la Vendée possède une image « vieillotte » et les musiques amplifiées n’ont pas bonne presse dans une partie de la population âgée, rurale ou ouvrière. La musique possède une connotation subversive qui n’est pas bien perçue. Mais les musiciens du département sont aussi des Vendéens, et comme le reste de la population, ils restent attachés à leur Terre et leur vision de la Vendée. Ils veulent donc militer en fonction de leur vision du monde. C’est pourquoi un certain nombre de groupes d’étudiants sont maintenus en vie, les membres du groupes rentrant chez eux le week-end. De même une partie des groupes « intermédiaires » reste en Vendée. Ce sont souvent des groupes spécialisés dans un style (punk-hard-core, hip hop, techno, reggae/ragga...).

Les variables exposés ci-dessus expliquent que beaucoup de groupes vendéens soient constitués de jeunes pas encore étudiants ou déjà actifs. Le nombre de groupes d’ « amateurs vétérans », constitué des musiciens adultes qui travaillent et pratiquent la musique comme un loisir va en effet croissant. 

L'accompagnement des groupes

Le problème majeur reste l’accompagnement et l’aide aux groupes, qu’ils souhaitent affirmer leur pratique de loisir ou devenir professionnels.

Si on compare la situation à celle de 1985, on voit que les radios FM sont devenues des réseaux commerciaux (par exemple toute la musique qui passe sur Europe 2 est programmée à Paris) et qu’il n’existe plus que Médiastore (la Roche sur Yon) et l’Embarcadero (pour le hip hop underground) comme disquaires traditionnels, Blues Records ayant fermé en Juin 2001. De plus, si le nombre de cafés-concerts reste important, beaucoup sont confrontés à des problèmes de bruit, certains comme la Patate étant attaqués en justice.

De plus, face à la juridicisation de l’activité, l’organisation d’un concert nécessite beaucoup plus de démarches administratives ou de moyens financiers (conditions de rémunération, SACEM et taxe parafiscale, conditions de sécurité, débits de boisson...). Les groupes vendéens sont souvent isolés. Si la solidarité locale fonctionne bien, les musiciens ont une faible connaissance des activités dans les autres cantons vendéens. Il est
assez étonnant de remarquer que les groupes de Montaigu, des Herbiers et de Fontenay se connaissent peu, tout comme ceux de Beauvoir ou des Sables. Le seul point de rencontre se situe en fait à la Roche sur Yon. De fait, un nombre important de personnes faisant ou ayant fait l’actualité des musiques amplifiées sont passé par le Fuzz’Yon comme objecteurs, TUC, CES, emploi jeune ou membre du bureau. On les retrouve un peu partout en Vendée (salariés de structures culturelles, patron de café concert, animateur jeunesse, musiciens...).
Aussi, pour beaucoup d’acteurs des musiques amplifiées en Vendée, le développement des infrastructures (lieux de diffusion et de répétition) devrait s’accompagner d’aide au développement des groupes (conseils, information...) et de mise en place de formations (artistiques, techniques et administratives). C’est dans ce sens que le besoin d’un Centre d’Information de Musiques Actuelles a été souligné par le Fuzz’Yon...

La structuration départementale

Les vendéens étant conscients de ce problème de manque d’information et d’isolement ont déjà tenté par le passé de se structurer, afin de mutualiser leurs savoirs. Sous l’impulsion du Fuzz’Yon, une association nommée Réseau Rock Vendée a été créée en 1993. Elle réunissait dix-sept associations (St Hilaire de Riez, Fontenay, Montaigu, Beauvoir, Les Brouzils, St Prouant, Les Essarts, Nalliers, Mouthier sur le Lay, Les Sables d’Olonne, La
Merlatière, Challans, Luçon, La Roche-sur-Yon) et 32 groupes. On peut considérer ce type de démarche comme assez novateur à l’époque, relativement au reste de la France. Le Réseau a duré deux ans. Il sortait des feuilles d’informations pour les adhérents (annonce des concerts et de l’actualité des groupes). Mais la difficulté venait du fait que tous les relais étaient assurés par des bénévoles et qu’il n’existait pas de lieu de rencontre bien affirmé.

C’est en partie les mêmes raisons qui ont conduit à la fin du RAAMAD. Celui ci fut un deuxième essai de réseau beaucoup plus important qui fonctionna de 1999 à 2000. Il vit le jour sous l’impulsion de Laurent Imbert de la Patate et de l’Epicerie (Notre Dame de Monts-les Herbiers, puis La Roche-sur-Yon) avec le soutien du Fuzz’yon et du collectif de Montaigu, ainsi que de l’OCF (Fontenay) et de Music Machine (St Hermine/Mareuil sur le
Lay). La base de donnée de janvier 2000 comptabilise 37 associations ou de nombreux styles sont représentés (rock, metal, punk, reggae, techno, chanson...), 96 groupes étant également répertoriés. Des divergences d’opinion sur les actions à mener et l’absence d’un coordonnateur régulier (bénévoles) ont signé la fin de l’initiative. Les groupes espéraient pourtant pouvoir bénéficier de l’initiative. Pendant mon enquête, j’ai rencontré un grand nombre de musiciens qui m’ont demandé où en était le RAAMAD.

Les zones d'activités vendéennes

D’un point de vue artistique, comme d’un point démographique ou économique, la Vendée n’est pas homogène.
Dans un premier temps, on pourrait la séparer en trois partie : le Bocage, la Côte et le Sud-Est (Marais Poitevin). La côte est caractérisée par ses nombreuses écoles de musique et ses groupes de jazz ou de rock « classique » mais aussi de reggae. Le bocage produit une musique beaucoup plus dure. On y trouve certes un peu de pop (entre Pouzauges et les Herbiers), mais surtout du punk, du hard-core, du krust et les autres genres de metal ainsi que de la techno, le hip hop étant centré sur La Roche. Les groupes du sud pratiquent plus des courants du rock indépendant, du punk certes mais aussi du garage, du néo-métal ou du blues à la manière de John Spencer. Bien sûr, ce sont là des tendances qui n’ont pas valeurs systématiques. Elles proviennent en partie de l’orientation géographique des zones d’influence de ces régions. La côte est partagée entre Nantes, La Roche sur Yon et la Rochelle. Le Bocage est attiré par Nantes, Angers et le Maine et Loire, et Bressuire. Le Sud est proche de Niort, Parthenay, Poitiers et La Rochelle (données de l’enquête quantitative).

Dans un deuxième temps, on doit constater qu’il existe une Vendée de la saison estivale, et une Vendée du reste de l’année. De nombreux concerts sont organisés quasi-uniquement l’été par les mairies (programmation de la Déferlante (6 communes de la côte), de St Gilles Croix de Vie...), et de nombreux cafés concerts. C’est également pendant la saison que sont organisés beaucoup de festivals. Si les manifestations sont plus nombreuses, c’est bien sûr parce que l’afflux de population est très important. La Vendée est le deuxième département français (juste derrière le Var) en nombre de résidences secondaires et elles sont à plus de 80% concentrées près des côtes. C’est aussi le premier département de la région, en terme de capacité de camping. La venue de jeunes de Paris et d’autres régions, voire d’autre pays amène un brassage musical. Des connections entre musiciens s’effectuent. Des soirées techno ou avec des dancehalls sont organisés sur la plage ou dans d’autres lieux. De nombreux groupes non vendéens viennent « tourner » sur la côte.

Les principaux acteurs "amplifiants"

Pour les personnes ayant partie liée avec les musiques, et pour les gens en général, quels sont les principaux acteurs des musiques amplifiées en Vendée ?

Sont le plus souvent citées les deux principales salles de diffusion, le Fuzz’Yon (Association culturelle missionnée, La Roche sur Yon) et le Grand Duc (SARL, Apremont). Leurs hétérogénéité de statuts et de vocations font que leurs actions sont différentes et complémentaires. Le Fuzz’Yon diversifie ses activités musiques amplifiées (formation, répétition, accompagnement, programmation de groupes et soutien aux associations) tandis
que le Grand Duc programme avant tout des groupes nationaux ou internationaux dans le cadre de tournées, met à disposition sa salle ou se transforme en discothèque. Pour beaucoup de musiciens, ces lieux ont été des endroits qui ont permis la découverte de la musique en concerts.

Un certain nombre de festivals sont également bien connus des Vendéens. Le rock festival de Fontenay, Les Feux de l’Eté à St Prouant, Microcosm au Bourg sous la Roche, Les Lunanthropes à Montaigu et, jusqu’en 2000 les Sens Hip hop à la Roche sur Yon. Mais le plus connu reste sans doute le Positive Vibration (en 2001 au Tablier et en 2000 à la Roche sur Yon). Plus de 25 000 personnes ont fréquenté la dernière édition. L’organisateur est également connu pour le café-concert qu’il gère, l’Eclipse (au Martinet). Le café concert la Patate (notre Dame de Monts) a une longue histoire derrière lui. Malgré le fait qu’il rencontre des problèmes de financement qui l’oblige à réduire son activité, il reste bien connu des Vendéens. Sans doute parce que les associations de son fondateur (Tout le Monde à l’Usine et l’Epicerie) organisent aussi des festivals et font tourner des groupes. Le Myl’s (La Ferrière) est aussi un café-concert de références car les gérants acceptent de programmer un panel de styles assez large. Un certain nombre d’autres cafés sont assez bien connus, mais autour de leur localité.

A ce panorama, on pourrait ajouter des programmations plus larges, comme celle de Poupet (St Malo du Bois), de la Déferlante ou des Café de l’Eté de la Roche sur Yon, ainsi que le rassemblement annuel de Familles Rurales consacré aux jeunes ou l’ « Urban Zap » de Déclaré Apt.

On doit enfin mentionner le cas du collectif de Montaigu, souvent cité en exemple à suivre aux quatre coins de la Vendée. Les montacutains sont reconnus pour leur dynamisme et leur constance dans les actions qui concernent les musiques amplifiées ainsi que pour l’important travail que fournissent leurs associations fédérées au sein du collectif.

Autant dire que, à côté de ces acteurs importants, l’information de centaines de groupes et de dizaines d’associations, de cafés-concerts ou de foyers de jeunes restent à exploiter....

 

Fuzz'yon

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