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Coopérations > Cafés-Cultures

06 novembre 2017

Le dispositif Cafés Cultures en France

bilan et perspectives

Le GIP (groupement d’intérêt public) Cafés Cultures a été créé en 2015 au niveau national après 3 ans d’expérimentation du dispositif Cafés Cultures en Pays de la Loire. En effet, ce nouvel organisme a pris le relais du Pôle des musiques actuelles en Pays de la Loire sur la gestion technique du dispositif. Cette nouvelle édition du festival Culture Bar-bars est l’occasion de dresser un bilan de ces premières années de mise en œuvre nationale avec Samia Djitli, la directrice du GIP.

Le GIP Cafés Cultures[1] se déploie en France depuis avril 2015 en proposant un fonds d’aide à l’emploi artistique, dispositif sans précédent à cette échelle. Ce fonds novateur est alimenté par les collectivités territoriales souhaitant soutenir l’emploi artistique dans les cafés, les bars et les restaurants de leur territoire, ainsi que par des partenaires privés. Il permet d’accompagner les établissements dans leur fonction d’employeurs et de pérenniser les métiers d’artistes du spectacle vivant. Il constitue un soutien efficace pour tous ces lieux de vie et de proximité contribuant à façonner la société, en milieu urbain et en milieu rural.

Un dispositif inédit, interopérable avec le GUSO

Le fonds d’aide soutient les emplois du spectacle vivant, quelle que soit la discipline artistique. Pour ce faire, les collectivités territoriales et les partenaires privés adhèrent au GIP Cafés Cultures, lui confie une enveloppe budgétaire qui est ensuite redistribuée aux établissements employeurs d’artistes qui en font la demande sur les territoires concernés. Les bénéficiaires directs de l’aide sont donc les cafés, bars ou restaurants. Ils doivent être détenteurs d’une licence de débit de boisson ou de restaurant, être un ERP (établissement recevant du public) classé de type N catégorie 5 - ce qui correspond à une jauge inférieure à 200 places[2]. Et comme le rappelle le site internet du dispositif, à partir de la septième représentation annuelle, la licence d’entrepreneur de spectacles est obligatoire. De plus, en tant qu’employeurs des artistes et techniciens, les établissements doivent déclarer les salariés auprès du GUSO, guichet unique du spectacle occasionnel mis en œuvre par Pôle Emploi. Par le déploiement d'un dispositif technique spécifique avec le GUSO, le GIP Cafés Cultures est informé du bon règlement des cotisations sociales qui conditionne le versement de l'aide à l'emploi artistique aux employeurs. Cette interopérabilité garantit ainsi l'objectif de pérenniser les professions du spectacle vivant.

18 collectivités adhérentes

En l’espace de deux ans et demi, 15 collectivités territoriales ont adhéré au dispositif. Désormais, le GIP compte 18 collectivités adhérentes au niveau national. Depuis juin 2015, 425 établissements ont été demandeurs, 11.869 salaires ont été aidés et plus de 795.000 € d’aides ont été attribuées. A l’échelle des Pays de la Loire, le dispositif représente 152 établissements demandeurs depuis juin 2015, 2.201 demandes ont été acceptées, 5.270 salaires ont été aidés pour un montant global de 264.725 € d’aides attribuées. « Les Pays de la Loire sont en effet extrêmement dynamiques », selon Samia Djitli, directrice du GIP : les villes de Nantes et de Saint-Nazaire, de même que la Région des Pays de la Loire ont adhéré au GIP, consolidant ainsi le dispositif sur ce territoire.

Pour 2017, la contribution annuelle de la Région des Pays de la Loire est restée identique aux années précédentes, soit 100.000 €/an ; La contribution annuelle de la ville de Nantes est restée également inchangée, 50.000 €/an ; Et celle de la ville de Saint-Nazaire est plus symbolique, mais néanmoins essentielle, avec 3000 € pour 2017. Sachant que le GIP prélève 5% en frais de gestion, cela permet aux cafés-cultures et  aux artistes de la Région des Pays de la Loire de bénéficier de plus de 145.000 € d‘aide pour une année civile. « Cependant, face à un nombre très important de demandeurs, l’enveloppe, bien que conséquente, est vite épuisée et ne suffit pas à satisfaire l’intégralité des demandes » précise Samia Djitli.

Des enjeux différents selon les territoires

Même si le GIP n’a pas encore le recul suffisant pour approfondir son analyse, il constate déjà des différences de fonctionnement d’une région à l’autre, et aujourd’hui, le dispositif initié en Pays de la Loire dépasse largement les problématiques ligériennes. Le dispositif est très utilisé dans les musiques actuelles en Pays de la Loire. Pour d’autres territoires, tenter d’aller au-delà des musiques actuelles, à savoir vers d’autres disciplines artistiques (danse, théâtre, etc.), est un véritable enjeu. D’après Samia Djitli, « Face aux différences de comportements sur les territoires, il est alors nécessaire de trouver des points de convergence, tout en gardant les particularités de chaque territoire. Un autre chapitre s’ouvre donc aujourd’hui et le GIP commence à réfléchir avec les collectivités locales à de nouvelles orientations, ainsi qu’à des développements et réajustements de méthodes, sans toutefois changer l’objectif initial et sans perdre de vue les besoins ».

Par ailleurs, la question est aussi de savoir comment trouver le moyen de répondre à la demande des établissements, sachant que les collectivités ont des budgets contraints. Samia Djitli explique que « le GIP fonctionne grâce un budget émanant du Ministère de la Culture, des collectivités territoriales et des membres de droit privé - à l’image de la Sacem ou d’Audiens - du fait de son éligibilité au mécénat culturel ». A l’avenir, le dispositif se développera avec l’adhésion des collectivités, mais se renforcera sans nul doute par la participation des partenaires privés. Le dispositif s’inscrit bien dans une logique de projet et d’attractivité du territoire, notamment sur les territoires ruraux, où les pratiques culturelles doivent être encore plus soutenues. La recherche de partenaires privés servirait à la fois à financer le dispositif d’aide à l’emploi – financement non existant à ce jour – et à soutenir le fonctionnement du GIP. Selon Samia Djitli « Cette mobilisation des partenaires privés n’est cependant pas une démarche évidente en raison du côté novateur et encore jeune du dispositif. Pour ce défi à relever, les artistes restent les porte-paroles incontournables dans la prise de conscience à impulser auprès des établissements pouvant bénéficier du dispositif ».


[1] Le GIP Cafés Cultures est composé de deux collèges, le collège des membres fondateurs et le collège des membres adhérents, tous les deux composés de membres de droit public et de membres de droit privé. L’ensemble des membres est présent sur le site du GIP.

[2] Pour tout savoir sur les conditions d’obtention de l’aide : le site du GIP, le document de présentation du GIP.

Article écrit par Françoise Henry @kawen

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