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Brainstorming et propositions !

Enjeux de la filière musicale en Pays de la Loire

Les Rendez-vous du Pôle se sont déroulés à La Roche-sur-Yon le 14 décembre 2017, à l’occasion des 10 ans du Pôle. La journée était ponctuée de débats et séances de brainstorming, notamment autour de la question des enjeux de la filière musicale en Pays de la Loire. Des propositions collectives ont émergé lors des ateliers prospectifs mis en place pour l’occasion, et notamment dans le cadre du projet de contrat de filière pour les musiques actuelles en Pays de la Loire. Retour sur la journée !

Parmi les moments forts de cette journée, Le Pôle a présenté en plénière le diagnostic partagé de la filière musiques actuelles en Pays de la Loire, en présence de Jean-Christophe Bonneau (Directeur Administratif et Financier du Centre National des Variétés, Patrice Ducher, directeur-adjoint de la DRAC des Pays de la Loire et de Laurence Garnier, 2e vice-présidente et présidente de la commission Culture au Conseil Régional des Pays de la Loire. Ce diagnostic a pour objectif de nourrir les réflexions des parties prenantes de la filière musicale, notamment dans le cadre de l’élaboration d’un « Contrat de filière » impliquant le CNV (Centre National des Variétés), l’Etat (Ministère de la Culture), le Conseil Régional des Pays de la Loire et le Pôle de coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire. Il vise aussi à présenter l’écosystème musical régional, à montrer la diversité des projets et situations.

Dans ce diagnostic, plusieurs enjeux ont été identifiés pour le secteur des musiques actuelles en Pays de la Loire, afin de préserver la diversité artistique et culturelle, mettre en œuvre une région créative, tout en assurant un développement économique et social cohérent et équitable en Pays de la Loire.

Les ateliers mis en place lors des Rendez-vous du Pôle ont permis de développer des réflexions et aboutir à des préconisations pour construire la filière en Pays de la Loire pour les 10 prochaines années.

En termes d’enjeux culturels et artistiques,

Les ateliers prospectifs ont amené les propositions suivantes :

  • Développer l’aide à l’émergence pour les groupes régionaux, en matière d’enregistrement, de promotion et de diffusion (régionale, nationale et internationale). Il s’agirait ainsi de favoriser une programmation émergente, amateur, professionnelle ou « en professionnalisation », ainsi qu’un accompagnement de projets, dans un esprit de mise en réseau d’acteurs, de coopération et de mutualisation.

  •  En matière d’éducation artistique et notamment de dispositifs en lien avec le milieu scolaire, l’objectif est d’aller dans le sens d’une réduction des inégalités territoriales, constatées en région des Pays de la Loire. Dès leur définition, les projets devraient impliquer à la fois une pluralité d’acteurs, les publics et les populations. Le fait de s’appuyer sur différents acteurs permet d’éviter une déconnection des projets avec leur contexte, leur territoire, et afin permet de renforcer les liens entre les acteurs de la diffusion, de l’accompagnement, des pratiques amateurs, ou d’autres domaines hors activité artistique et culturelle comme les transports, le social, etc. Les aides devraient concerner une diversité de lieux et d’artistes, et pas uniquement les lieux les plus identifiés ou institutionnels. Les acteurs expriment aussi l’idée que les aides en matière d’éducation artistique devraient s’appuyer sur des critères essentiellement qualitatifs et non quantitatifs.

  • Par ailleurs, les acteurs expriment un besoin d’accompagnement et d’orientation, à partir du constat de la multiplication des types d’aides et de leurs origines. Des personnes référentes sur les territoires pourraient aider au montage de dossiers de subventions, aux appels à projets, etc., notamment à destination des jeunes et/ou petites structures, sans ou avec salarié, et n’ayant pas les compétences nécessaires en montage financier. Des postes « ressources » seraient à créer à l’échelle des territoires.

  • Au cours de l’atelier, les acteurs expriment le désir d’un dispositif visant à favoriser les collaborations entre acteurs d’un territoire, en termes d’accompagnement, de développement, de diffusion, etc. pour monter des projets artistiques en commun, n’excluant aucune structure à priori, notamment pour que les territoires les moins dotés en équipement puissent répondre à des projets.

En termes d’enjeux économiques et sociaux,

Des propositions ont également été mises en avant, autour deux axes à savoir : L'emploi culturel et artistique et le développement d'une économie de proximité.

  • Concernant l'emploi artistique, il semble y avoir un défaut d'information des musiciens, notamment sur la notion de carrière. Il y a une nécessité  de mieux comprendre les mutations des métiers artistiques et de recenser les besoins nouveaux en formation, d’une part. Sur les aspects de création, le secteur en région souffre du manque de coproduction des spectacles entre producteur et lieux. Pour favoriser l’emploi artistique, il manque dans tous les dispositifs existants, un mécanisme qui permette une coproduction entre lieu/festival et producteur. Des coopérations de ce type permettraient également un plus fort investissement des lieux/festivals afin que les créations tournent ensuite. Il pourrait même être imaginé que le dispositif soit ouvert sur l’interrégional voire l’international pour aider à la diffusion, avec l’appui du Bureau export.

  • Sur l'emploi culturel, les acteurs considèrent qu’il manque d'interconnaissance et de concertation entre les différents acteurs de la chaîne. Le Pôle doit se pencher sur ce besoin dans les prochaines années. La mutation du groupe de travail « Développeurs d'artistes » vers un groupe mixte associant producteurs et diffuseurs semblent une piste à creuser. Savoir prendre du recul pour comprendre la situation des autres n’est pas chose aisée. Un dispositif d’immersion professionnelle dans d’autres structures de la région pourrait aider à apprendre des nouvelles façons de fonctionner, mais également de faire tomber des barrières ou des idées reçues et opérer des transferts de savoir-faire (Exemple : rendre possible la mobilité des professeurs de musique dans les écoles).

  • Sur le développement d'une économie de proximité, plusieurs pistes ont été évoquées : une aide pour encourager les collaborations avec des fournisseurs locaux (bières, alimentation…), un annuaire pour favoriser les circuits courts et les prestations locales, une aide orientée vers les structures de proximité fragilisées, une aide à la diversification d’activité, une aide à la mise aux normes de sonorisation liés à la nouvelle loi pour les petits lieux, des personnes ressources pour les aides européennes…

Sur la question des enjeux sociétaux,

Les ateliers prospectifs ont dressé quelques propositions :

  • Face à la difficulté de prioriser les enjeux en lien avec le développement durable et la transition énergétique et de les concrétiser dans un plan d’actions qui prennent corps dans les projets des structures, il semble essentiel, pour les acteurs, que les expérimentations et initiatives soient encouragées et soutenues financièrement. Et que cela se fasse à travers des mesures pluriannuelles pour que les acteurs puissent instituer de nouvelles pratiques. Ces prises d’initiatives peuvent être très diverses de l’éducation des publics (alimentation, déchets,…) aux infrastructures techniques plus lourdes (consommation énergétique,…).

  • Il s’agit aussi de construire des relations plus pérennes entre acteurs, et mettre en place des mutualisations en la matière. Partant du constat qu’il est aujourd’hui important de travailler en « peer to peer », il semble essentiel de développer des plateformes de mutualisation, de travailler en inter-pôles à l’échelle régionale, (musiques actuelles, arts visuels, livre, cinéma, patrimoine…) et au niveau national. Il s’agit de se doter d’outil pour faciliter ses travaux, espaces partagés, cartographies « peer to peer ». Il est nécessaire de mutualiser des actions (exemple du transport : comment plusieurs festivals peuvent se retrouver pour essayer mettre en place des actions communes sur la réduction des billets de transport ?), créer un catalogue des outils pouvant être mutualisés par les festivals. Nous pourrions aussi organiser des journées « accélératrices de projets » pour renforcer les initiatives.

  • En ce qui concerne l’accessibilité universel, et le handicap, il semble intéressant de soutenir l’innovation technologique, mais aussi l’accompagnement humain. Plus globalement sur la question des mixités sociales ou de genres, il faut aborder ces enjeux à la fois avec nos spécificités, mais toujours en transversalité et transdisciplinarité, en organisant des espaces de rencontre, en rendant visible la ressource et les actions. Concernant les publics éloignés, il faut adapter sa communication selon les types de publics et travailler à la formation des équipes. Concernant la place des femmes sur scène, des actions visant à favoriser l’emploi des femmes musiciennes pourraient être expérimentée (garde d’enfants, intermittence et congés « maternité »…).

 

Retrouver l’intégralité du diagnostic ici :

 

Mais au fait, qu’est-ce qu’un contrat de filière ?

Un contrat de filière est un terme générique pour nommer un contrat d’objectifs pour une filière professionnelle. Un contrat de filière permet de fixer une série d’actions permettant de répondre à des problématiques. Le contrat permet de recenser les acteurs d’une filière, de recenser les opportunités et les menaces, les forces et les faiblesses de la filière, de réfléchir collectivement à l’évolution de la filière à court/moyen/long termes, et de définir une série d’actions dont les objectifs répondent aux axes identifiés lors des échanges. La signature de ce type de contrat formalise l’engagement d’un co-financement des actions et de l’animation entre partenaires.

Depuis quelques années, les collectivités territoriales, le CNV et l'État travaillent à la construction de dispositifs territoriaux en collaboration avec les réseaux régionaux et les acteurs des musiques actuelles. Plusieurs conventions régionales ont été signées entre l'Etat, les collectivités et le CNV. Plus récemment, un contrat de filière a vu le jour en Nouvelle-Aquitaine, première étape vers les nouveaux modèles de contrats de filière que l'État souhaite déployer. Il s'agit de répondre ainsi aux enjeux de l'écosystème musical à travers le financement de coopérations, d'expérimentations et la mise en œuvre de formes originales d'actions, en instaurant un dialogue pérenne avec les parties prenantes. Pour le contrat de filière musiques actuelles en Pays de la Loire en cours de discussion, les co-financeurs seraient l’Etat, la Région et le CNV, et la coordination stratégique en est confié au Pôle, après une première étape ayant permis d’établir un diagnostic partagé.

RDV aux BIS 2018, pour en savoir plus sur les contrats de filière

Une rencontre est organisée dans le cadre des BIS 2018, par l'État, le CNV, la Région Nouvelle-Aquitaine et les réseaux territoriaux de musiques actuelles, le jeudi 18 janvier à 16h, salle 150.
Pour s’inscrire : www.bis2018.com

crédit photo : David Gallard @ Clack

 

 

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Le Pôle de coopération des acteurs pour les musiques actuelles en Pays de la Loire est un réseau de compétences régional. Un réseau d’acteurs qui, fort de la mobilisation des structures musicales des Pays de la Loire, agit au carrefour du monde culturel, de l'économie et de la recherche. Expérimentation, concertation, observation, valorisation et appui aux initiatives, le Pôle permet aux structures musicales d’organiser leurs coopérations et de co-construire des politiques avec les collectivités territoriales, la Région des Pays de la Loire et les services de l’État.

Ayant l'intérêt général pour finalité, à travers le Pôle, les acteurs musicaux poursuivent les objectifs suivants : cultiver la diversité musicale, développer une filière économique et responsable, et anticiper les mutations sociétales. Concrètement, l'action du Pôle se traduit par 5 missions principales. Le Pôle ressource et accompagne les acteurs et les collectivités, les informe. Il anime les réseaux, facilite les échanges d'expériences. Il coordonne des chantiers thématiques et expérimente des solutions innovantes. Il observe et valorise l’écosystème musical des Pays de la Loire. Au plus près des initiatives et des collectivités, le Pôle favorise un dialogue nécessaire permettant de trouver collectivement des solutions face aux enjeux culturels, éducatifs, sociaux, économiques et politiques, auxquels tous sont confrontées. Co-Missionné par l’État et le Conseil régional des Pays de la Loire, l’action du Pôle est cogérée par ses adhérents. Ces membres actifs sont des personnes morales, actuellement près de 120 structures. Son conseil d’administration est à l’image de la diversité des musiques actuelles.

Le Pôle / Adresse : 6 rue Saint-Domingue - 44 200 Nantes - 02 40 20 03 25

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