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10 juillet 2018

Google Lance Youtube Music

When the stream has no name...

Après maintes tentatives, Google aurait-il trouvé la solution adéquate pour se poser en leader du streaming audio ? Avec YouTube Music, il s’en est en tout cas donné les moyens. Basé sur les contenus déjà présents sur le site internet, le géant américain propose depuis le 18 juin un abonnement dans 12 pays supplémentaires (16 au total), dont la France. Ces évolutions du marché de la musique posent question quant à la place des petites structures, des labels indépendants, et de leur visibilité.

Le principe est simple, celui d’avoir accès au riche catalogue de vidéos, morceaux, clips… pour un prix équivalent à celui des concurrents Deezer, Spotify, Apple Music ou Tidal. Pour 11,99 euros, c’est l’intégralité du site qui est accessible (gaming, blog etc.). Dans les deux cas, les offres permettent d’éviter la publicité présente et d’écouter de la musique sans YouTube en premier plan (en utilisant d’autres applications donc) ou bien avec écran verrouillé. 

Video kills the radio stars ?

Pour la plateforme vidéo, ce nouveau dispositif sera également l’occasion de revoir le mode de rémunération des artistes et des labels : « Actuellement sur YouTube, les rétributions sont tirées de la publicité. La rémunération à l'écoute est donc environ quatre fois inférieure à celle que l'on obtient chez un Deezer ou un Spotify. Avec le passage au système d'abonnement, cette dernière pourrait être revue à la hausse » précise Julien Philippe, secrétaire de la Fédération Nationale des Labels Indépendants. D’une autre part, il ajoute « selon les dernières statistiques, YouTube regroupe quasiment la moitié des écoutes en streaming ».

Google souhaite ainsi investir sur un marché florissant, Caroline Creton, doctorante en sciences de l’information et de la communication à l’Université Rennes 2, nous explique que « si pour le moment les principales plateformes encaissent les pertes, l’entrée en Bourse de Spotify en avril 2018 indique l’attrait des investisseurs pour cette activité qui semble pouvoir dégager prochainement des bénéfices ». 

Labels et la bête

La question des petites
structures se pose, celle
des labels indépendants
et de leur visibilité

Bien que l’essentiel des grandes maisons de disques doit y figurer, la question des petites structures se pose, celle des labels indépendants et de leur visibilité. Si celle des majors et mastodontes de l’industrie musicale ne devrait pas être menacée, les effets sur un label régional pourraient être, eux, tout autre. Ici, la question du modèle économique sera centrale, à l’image de la polémique qui fut liée à Spotify et une sous-rémunération des « petits » artistes en comparaison aux majors. Vivien Gouery du label Yotanka tempère, lui, la menace de la numérisation : « le digital représente aujourd'hui 80% de nos revenus. La question de savoir si le numérique est intéressant pour les labels et les artistes ne se pose plus. On n’a tout simplement pas le choix. Le nombre de vues et la présence dans les bonnes playlist sont déjà un enjeu majeur. Les radios ne regardent que ça ! Et quand le digital marche bien, cela relance les ventes physiques ».

« Notre plus grosse peur,
aujourd'hui, c'est plutôt
que Spotify devienne un
label et squeeze les labels
et les producteurs »

D’ailleurs, « notre plus grosse peur, aujourd'hui, c'est plutôt que Spotify devienne un label et squeeze les labels et les producteurs » précise-t-il. Mais le fonctionnement de la sélection personnalisée algorithmique pourrait accentuer un certain vase clos entre une surreprésentation et récurrence importante des titres les plus connus et diffusés, et une sous-représentation des morceaux plus souterrains, ce que Caroline Creton atteste : « toutes les études s’accordent à dire que les règles fondamentales de l’industrie musicale n’ont pas été bouleversées depuis l’explosion d’internet. Le star-system est toujours de mise et la consommation est concentrée autour de quelques figures mondialement connues. Les plateformes reproduisent l’invisibilité des petits artistes et la visibilité des stars »

Am stream gram

En dépit de cette oligarchie du marché, le streaming légal offre tout de même une réelle opportunité financière. « Avec l'achat physique et numérique, une chanson n'était vendue qu'une seule fois. Aujourd'hui le streaming et les réécoutes permettent plusieurs rémunérations, plus petites, certes » explique Vivien Gouery. Le membre des GAFA compte bien bouleverser le domaine, élargir le monopole des quatre puissances américaines et espère, pour cela, bénéficier de la fidélité de ses quelques 1,8 milliards d’utilisateurs actifs dans le monde (dont 44 millions en France).

Une fois de plus, c’est bien l’internaute qui décidera.

Article écrit par Pierre-François Caillaud @Grabuge

label Yotanka

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