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04 avril 2019

Vers une nuit écologique & durable

Les politiques et les acteurs de la Nuit intègrent le développement durable

La conscience collective avance. Et, la Nuit ne peut faire l’impasse sur l’écologie et le développement durable. Les festivals de musiques actuelles expérimentent déjà depuis des années des dispositifs liés à l'écologie : parc de gobelets, toilettes sèches... Certaines de ces idées sont même entrées depuis dans la vie courante. Mais les enjeux climatiques sont tels, aujourd'hui, qu'il s'agit d'aborder des questions plus cruciales encore, telles que le transport et les aspects energétiques.

Souvent situés sur des sites en plein air desquels ils doivent repartir avec l’ensemble de leurs déchets, les festivals ont une relation déjà ancienne avec l’écologie (toilettes sèches, gobelets, tri des déchets, restauration locavore…). Le Réseau Eco Evenement (REEVE) a pour objectif de mobiliser les événements et de contribuer à la propagation de bonnes pratiques permettant de lutter contre les dérèglements climatiques. Le Pôle a engagé un partenariat avec REEVE pour accompagner 10 festivals de la région dans une démarche d'audit de leur pratique environnementale par la méthode A Greener Festival. Ce label international exigeant récompense 35 festivals avant-gardistes, parmi plus de 500 festivals internationaux. Suite aux audits 2018, 4 festivals issus des Pays de la Loire ont été primés : le Dubcamp, les Escales, Poupet et le Couvre Feu.Développer un événement eco-responsable, c’est dans l’ADN de l’asso” explique Olivier Bruneau, du Dubcamp.L’idée du Greener était d’avoir une photographie d’où en est le projet et d’avoir des pistes d’amélioration”.

Ces solutions éphémères expérimentées pour les festivals commencent à prendre forme dans nos quotidiens, en dehors des événements, au travers de l’aménagement urbain. Une agence nantaise Faltazi a mis en place, par exemple, le concept d’uritrottoir. “Le principe est de récolter les urines qui se retrouvent dans les rues normalement, en soirée ou en journée, à l'aide de bac avec une litière de copeaux dedans” explique Renaud Chambre. “Le pipi est récolté 3 fois par semaine à raison d’environ 1000 litres. Ensuite, il est reversé dans un trou de 5m x 5m avec une bâche dans le fond style piscine. Et l'urine mélangée aux copeaux devient un humus.”

Au delà de la gestion des déchets, le transport est au cœur de l’engagement écologique d’un événement. 80% de l'empreinte carbone peut provenir des déplacements du public et des artistes. Si des solutions existent pour permettre à son public d’utiliser des modes de transport “doux”, il est plus complexe de le mettre en place pour les productions artistiques. “Trois-mille tonnes de CO², voilà l'empreinte carbone d'un DJ en tête du top 100 RA sur un mois de tournée, à sauter d'avion en avion, parfois plusieurs fois le même weekend, pour se rendre dans les clubs et festivals où il est booké. Soit l'équivalent de ce que rejette en moyenne un habitant du Royaume-Uni en toute une année. Ajoutez un tour manager, et le chiffre grimpe au double.” peut-on lire dans Trax Magazine. Pour faire face à cette réalité, le concept du collectif Phare Ouest, regroupant 6 producteurs indépendants de la région des Pays de la Loire, est “de développer la culture en circuit court ” comme l’explique Simon Hadjer, directeur de Pypo Production membre du collectif. “Le principe de nos soirées Les Inattendus, c’est de défendre les artistes locaux dans des lieux insolites et proche des populations.”

La maîtrise des fluides est centrale dans la question de la transition énergétique. Zebulon Régie, entreprise spécialisée dans la direction technique et la régie générale pour le spectacle vivant et l'événement, est titulaire du label PrestaDD. Cette certification récompense l'engagement éco-responsable de la structure. Selon Samuel Brouillet, de Zebulon Régie, “Les structures productrices d'événements ont mis en place assez rapidement des actions visibles autour de l'éco-responsabilité : (...) Mais le monde de la technique met du temps à bouger, pas forcément par mauvaise volonté, mais par manque de méthode, de moyens, et / ou de temps. Une démarche éco-responsable touche à des métiers techniques très différents, avec des degrés de technicités qui peuvent être complexes, et qui demandent une vraie réflexion. (...) La maîtrise énergétique. C'est le sujet qui demande le plus de réflexion et de recherche mais aussi qui demande le plus de technicité. C'est également là où la marge de progression peut être la plus forte tant les habitudes prises sont obsolètes. Cela nécessite une vraie remise en question de nos usages, de nos métiers, de l'événement en lui-même. Pour autant, c'est un sujet qui est inabordable pour un non-professionnel et c'est un challenge différent en fonction de chaque projet. Tout est à inventer dans ce domaine !”

Les pouvoirs publics s’emparent également de la dimension du développement durable dans la culture. En juillet 2018, Françoise Nyssen, alors Ministre de la Culture, a lancé un projet de charte des festivals avec entre autres l’ambition de soutenir “les festivals exemplaires sur le plan de la responsabilité sociale et environnementale.” Depuis le 1er janvier 2019, dans le respect de la stratégie de responsabilité sociétale, sociale et environnementale du ministère de la Culture, les critères d’attribution (ou points de vigilance) des commissions du Centre National des Variétés (CNV) se déclinent désormais selon les trois piliers du développement durable : économique, social-sociétal et environnemental.

 

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