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04 avril 2019

Pour une politique publique de la Nuit

Un colloque autour des jeunes et de la fête, à l'occasion du Printemps de Bourges

Nuisances sonores, conduites à risques, sur-alcoolisation… Ces termes sont omniprésents dans la presse pour décrire la vie nocturne. L’enjeu des politiques de la nuit est donc d’apaiser, de recréer du dialogue, de la médiation, de la prévention et de répondre aux attentes des populations en matière de qualité de vie et de projets de société. Voici quelques retours d’expériences des Pays de la Loire, en avant-goût des 3èmes Rencontres nationales "Jeunes, Fêtes et Territoires", mi-avril à Bourges.

Du 15 au 17 avril 2019, les 3èmes rencontres nationales "Jeunes, Fêtes et Territoires" seront organisées en amont du festival Printemps de Bourges. Ce colloque est ouvert aux organismes de prévention et de réduction des risques, aux associations de jeunesse et d'Education populaire, aux organisateurs de rassemblements festifs, festivals, ainsi qu’aux collectivités locales et aux services de l'Etat. Ces trois journées de rencontres permettront d’aborder les sujets de la diversité des pratiques, de la médiation, de l'éco-responsabilité, de la lutte contre le harcèlement en milieu festif, de la prévention et de la réduction des risques, de la réussite de la fête et de l'engagement de la jeunesse…

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 10 avril, des places sont encore disponibles pour assister à ce colloque : 06.83.89.84.75. (Margot Peaudecerf) ou ddcspp-colloque-jft@cher.gouv.fr.

Autant de sujets qui sont au coeur d’une vie nocturne qui tend à se développer. Luc Gwiazdzinski, géographe, écrit dans le numéro 53 (hiver 2019) de la revue des Politiques Culturelles, l’Observatoire : ”On s’endort en moyenne à 23h au lieu de 21h il y a cinquante ans.” Les raisons sont multiples et ne concernent pas forcément l’usage d’espace public (l’usage des nouveaux outils numériques par exemple). Le marketing territorial et touristique autour de la nuit s’est développé et ne se restreint plus à la dimension festive (Nuit des Musées, Bibliothèques Nocturnes, Marathons de nuit…). Qui n’a jamais entendu de plainte sur l’absence de restaurant ouvert après une certaine heure ? “Ces tensions, les changements de modes de vie, la demande de services adaptés, la mise en compétition des villes, ont obligé les pouvoirs publics à réagir” écrit Luc Gwiazdzinski.

A Nantes, lors de la précédente élection municipale, les associations de riverains ont vu des Maires de la Nuit participer au débat public. “Je trouvais qu'on abordait la thématique uniquement par le côté sécuritaire, ce qui me semblait vraiment réducteur” raconte Vincent Beillevaire, Maire de la Nuit. “Je souhaitais donc, avec mon compère Arnaud Tesson, interroger plus largement les acteurs de la nuit et l'ensemble des candidats à la mairie pour que le sujet soit présenté de manière exhaustive aux nantais”. Aujourd’hui, les associations de riverains côtoient les associations d’usagers tel qu’Equinox qui valorise la nuit sous son meilleur jour. La Mairie de Nantes a nommé un élu en charge de la vie nocturne, constitué un Conseil de la Nuit et mis en place un appel à projets “les temps de la nuit” afin d’encourager l’offre nocturne alternative et soutenir des initiatives innovantes. En 2019, la Ville de Nantes propose une deuxième édition de ce dispositif.

Depuis environ 6 ans, les premières politiques publiques ont dû dépasser le traditionnel cadre sécuritaire pour gérer et organiser l’espace public lors des différentes temporalités de la nuit, de l’afterwork (19h - 22h), la soirée festive (22h - 02h) jusqu’au petit matin. Différentes problématiques sont soulevées : Culture, tourisme, sécurité, tranquillité publique, transport, urbanisme, santé, réduction des risques, économie, formation… Autant de sujets qu’aborde la Plateforme de la Vie Nocturne, créée le 12 janvier 2017. Elle constitue un espace de réflexions et de propositions réunissant élus et techniciens des collectivités et de l’Etat concernés par la Vie Nocturne, organisations professionnelles, universitaires, experts et citoyens.

Quels lieux pour faire la fête ?

Le lieu idéal pour accueillir la fête nécessite une proximité avec l’ensemble des commodités (eau, électricité, transport…). Face à la pression immobilière, ces lieux sont à proximité de zone d’habitation et font côtoyer ceux qui dorment, ceux qui travaillent et ceux qui font la fête. L’exercice d’obtenir l’autorisation d’utiliser un lieu est complexe et peut impliquer des conséquences financières comme en témoignent de récentes mésaventures vécues par des organisateurs culturels. La problématique de partage de l’espace public s’étend à l’ensemble des acteurs de la nuit. Tous font face depuis de nombreuses années aux problèmes de nuisances sonores. Si dans la majorité des cas, la médiation permet de trouver un consensus, certains lieux se retrouvent menacés de fermeture. Le principe d’antériorité paraît être la solution pour protéger les lieux.

Législation versus prévention

L’évolution des activités nocturnes a engendré de nouveaux usages dans l’espace public et, de fait, des conflits. Il y a un besoin de responsabilisation, de médiation et la mise en place d’une législation adaptée et équitable qui ne mette pas en danger les diversités d’usage artistique et d’entreprises. Pour dépasser le tout-répressif, le législateur doit s’adosser sur une politique de prévention. Et, en ce point, l’efficacité se traduit souvent par la formation des acteurs de terrain.

Vers une nuit écologique & durable

La conscience collective avance sur les questions environnementales. Derrière Greta Thunberg, par exemple, les jeunes marchent et manifestent pour le climat. La Nuit ne peut pas faire l’impasse sur l’écologie et le développement durable.

LE DOSSIER DE LA REVUE "L'OBSERVATOIRE"

Le dernier numéro (numéro 53) de la revue des politiques culturelles : l’Observatoire, analyse les enjeux et innovation démocratique de la vie nocturne.

Plateforme Nationale de la Vie Nocturne

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