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25 June 2019

Une intervention policière en pleine Fête de la musique !

14 personnes dans la Loire, et un jeune homme porté disparu !

Lors de la Fête de la musique à Nantes, une intervention policière a causé la chute dans la Loire de plusieurs personnes apeurées par les gaz lacrymogènes et l’usage de LBD. 14 personnes ont été repêchées par les pompiers. Un jeune passionné de musique est porté disparu. « Une nuisance sonore ne justifie pas qu’on risque la vie des participants à une fête ! » dénoncent les associations Freeform et Media’son. Le Pôle et Bar-bars signent un communiqué commun pour exprimé leur solidarité.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE LE  PÔLE & BAR-BARS

Nantes - 1er juillet 2019

Drame de la Fête de la musique à Nantes

Les acteurs de la musique et de la vie nocturne solidaires de la scène techno

En tant que fédérations d’acteurs de la musique et de la vie nocturne implantés à Nantes et en Pays de la Loire, nous dénonçons la violence survenue lors de la Fête de la Musique à Nantes. Comment une intervention de police a-t-elle pu causer, ainsi, la chute dans la Loire de plusieurs personnes asphyxiées par les gaz lacrymogènes et apeurées par l’usage de lanceurs de balle de défenses (LBD) ? Quatorze personnes ont été sauvées de la noyade par les pompiers heureusement présents sur place. Et un jeune homme reste toujours porté disparu. Nous exprimons notre solidarité vis-à-vis des victimes, des publics et des sound system présents sur place, et partageons leur indignation.

La Fête de la musique est un événement national, une fête populaire qui donne à voir la diversité des pratiques et expressions musicales. Elle représente un temps de vie exceptionnel de partage entre passionnés de musique et de mise en visibilité des pratiques amateurs. Pour la scène techno, ce rendez-vous annuel représente une opportunité pour organiser des fêtes de taille humaine qui sont, le reste de l’année, compliquées à mettre en œuvre. Nous nous interrogeons sur le traitement subi par les publics et les acteurs du mouvement des fêtes libres (free party), et plus globalement sur le manque de bienveillance vis-à-vis des pratiques culturelles de la nuit.

Concernant le drame de Nantes, les modalités de l’intervention policière nous interpellent, avec un manque de proportionnalité vis-à-vis du problème que l’intervention était censée résoudre. Comment peut-on, pour une question de respect d’horaire et de nuisance sonore, prendre de tels risques avec la vie de personnes qui participent insouciamment à un événement populaire ? Quelle doctrine sécuritaire sous-tend une intervention de cet ordre, et quelles sont les responsabilités ?

Nous nous réjouissons qu’une enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) ait été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de ces événements et déterminer les différentes responsabilités. L’association Media’son a décidé de collecter les témoignages de personnes ayant été mises en danger dans la perspective de déposer une plainte groupée. Le parquet de Nantes a également ouvert une information judiciaire pour rechercher les causes de la disparition de Steve Maia Canico.

Nous souhaitons que ces démarches et enquêtes permettront de faire la lumière sur les responsabilités de ce drame, pour qu’il ne se reproduise pas, pour que les principes d’écoute, d’anticipation et de bienveillance soient de mise entre la puissance publique et les acteurs culturels quels qu’ils soient - sans discrimination, ni préjugé.

Les expressions festives, artistiques et culturelles, participent du bien-être des populations, malgré les nuisances et problématiques qu’elles peuvent parfois soulever. De ce point de vue, les acteurs culturels prennent leur responsabilité sur de nombreux enjeux sanitaires et sociétaux. Dans une société où la violence sociale et économique est déjà extrêmement présente, nous considérons que la puissance publique a la responsabilité de ne pas durcir le ton en adoptant des réponses répressives et contre-productives, mais d’anticiper les situations en encourageant les initiatives responsables et en prenant le temps de la concertation entre toutes les parties-prenantes : forces de l'ordre, collectivités locales et organisateurs.

Contacts :
Le Pole : Julien Deroo – 02 40 20 03 25 – julien@lepole.asso.fr
Bar-bars : Chloe Le Bail – 02 85 52 60 22 – chloe@bar-bars.com

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE FREEFORM & MEDIA’SON


Toulouse  - 24 juin 2019

Suite à l’intervention des forces de l’ordre lors de fin de la fête de la musique à Nantes le vendredi 21 juin, 14 jeunes sont tombés dans la Loire en tentant d’échapper aux gaz lacrymogènes et aux tirs de LBD. Les associations Freeform et Média’son annoncent être en train d’étudier les possibilités légales permettant de déterminer la responsabilité des forces de l’ordre dans la chute de ces personnes et souhaite l’ouverture d’une enquête auprès de l’IGPN.

Les faits :

Comme chaque année depuis 20 ans, des scènes sont installées sur les bords de Loire, sur l’Ile de Nantes, dans une zone où sont implantées de nombreuses salles de concerts, établissements de nuit et même les Machines de l’Ile et le célèbre éléphant. Cette année, 13 scènes étaient installées et ce sont plusieurs milliers de jeunes qui font la fête au son de l’électro dans une bonne ambiance et sans incidents particuliers.

Ils ont, comme chaque année, l’autorisation tacite de jouer de la musique jusqu’à 4H du matin. À 4H30 la plupart des scènes sont fermées et les équipes sont en train de ranger leur matériel mais quelques djs n’ont pas encore terminé de jouer.

Les forces de l’ordre arrivent alors en nombre pour faire couper la musique et dans une ambiance de fin de soirée, la tension monte rapidement, donnant lieu à une réaction assez vive des forces de l’ordre. Des gaz lacrymogènes sont tirés et les LDB employés, suivi d’une charge vers les sonos. Un mouvement de foule se déclenche et de nombreuses personnes tombent à l’eau comme le reconnait lui-même le préfet de Loire-Atlantique ce matin en annonçant le chiffre de 14 personnes repêchées.

Cette intervention était-elle dangereuse ? Nous souhaitons une réponse !

La zone « Ile de Nantes / Hangar à bananes » est une zone potentiellement dangereuse car située en bord de Loire mais, sous l’impulsion de la municipalité c’est depuis plusieurs années un des hauts lieux de la vie nocturne nantaise. Plusieurs personnes sont tombées à l’eau dans les années précédentes et ce n’est pas un hasard si les pompiers étaient prépositionnés sur des bateaux pour éviter tout drame en ce jour de fête de la musique. Cependant, c’est une zone festive et si 13 scènes étaient installées la, ce n’est une surprise pour personne, plutôt une tradition.

En chargeant et en utilisant les gaz lacrymogènes pour hâter la fin de la fête de quelques minutes, les forces de l’ordre ont vraisemblablement mis en danger la vie des participants pour faire cesser un trouble léger à l’ordre public. Il y a clairement eu une disproportion entre la nuisance et les conséquences de l’intervention de la police.

Utiliser les gaz lacrymogènes quand on est sur un quai sans garde-corps de 5 mètres de haut, donnant sur une rivière dont on connait la dangerosité, et avec un public qui ne connait pas forcément bien la topologie du site est assez clairement risqué. D’autant plus qu’à 4 heures du matin, ce public comprend très probablement des personnes en état d’ivresse qui vont paniquer, ce que la police savait forcément. Une nuisance sonore ne justifie pas qu’on risque la vie des participants à une fête !

Merci aux pompiers prépositionnés sur la Loire d’avoir évité le pire.

Que serait-t-il arrivé s’ils n’avaient pas été là ? Il y aurait très probablement eu plusieurs noyés. Encore une fois, nous ne posons pas forcément la question de la légitimité de l’intervention ou les raisons de ces heurts mais la méthode et les risques générés par une intervention démontrant une totale méconnaissance des risques sur une zone ou la fête de la musique était installée comme chaque année!

Une disparition inquiétante est signalée suite à cette fin de soirée. Nous apportons tout notre soutien à la famille en espérant sincèrement que le jeune homme disparu sera retrouvé sain et sauf rapidement.

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Contact presse :

S. Raymond / 06 15 06 52 57 / samuel@freeform.fr

L’association Freeform travaille auprès des jeunes organisateurs de rassemblements festifs au niveau national. Basée à Toulouse, elle propose des solutions aux acteurs du secteur et aux pouvoirs publics afin que les fêtes organisée par les jeunes puissent se dérouler dans de bonnes conditions en privilégiant la concertation et la co-construction.

L’association Média’son est une association nantaise. Elle a pour objectif de d’aider les sound systems des pays de Loire dans leur projets. Elle organise des événements pour soutenir les causes nationales et met en place des services et des actions pour aider les collectifs de la région.

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L'AFDAS décerne une note qualité de 18/20 au CFPM (décret qualité DATA-DOCK)
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