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10 September 2019

Economie circulaire & Festivals

des nuances dans le verre

Symbole de la révolution écologique des festivals, les gobelets « écocup » ont connu leurs heures de gloire, au point de devenir une norme. Aujourd’hui, de nombreuses propositions complémentaires viennent compléter la gamme des possibilités sur d’autre modèle que celui de la réutilisation : couverts compostables, décors en récupération et jeux anti-mégots, etc.

Motrice d’une nouvelle ère de consommation, plus écologique, l’économie circulaire accompagne désormais les festivaliers et aussi les artistes programmés. Cette tâche, souvent ardue, est synonyme d'engagement citoyen pour des organisateurs qui ne manquent pas d’idées pour recycler ou valoriser les biens mobiliers, plastiques et végétaux à l’heure d’une transition nécessaire. Le premier exemple est l'évolution de l'usage des gobelets avec le développement de gobelets non siglés voire la suppression de production de gobelets. Le cas du festival Vision, en Bretagne, qui a invité ses festivaliers à venir avec leurs propres gobelets, en est un exemple significatif.

Civil Civisme !

Un changement de modèle écologique s’accompagne généralement d’un peu (voire beaucoup) de motivation et d’envie, les festivals l’ont bien compris. L’objectif est d’encourager les initiatives civiques des festivaliers (ramasser son mégot, trier ses déchets, finir son assiette etc.) via des signalétiques précises ou même des jeux incitatifs.

Mélanie Noyer, responsable de communication du Dub Camp - festival déjà doté avec trois autres événements français du label A Greener Festival - a mis en place des « cendriers-sondages » et même une opération qui cartonne : « si les festivaliers remplissent un gobelet de 25cl de mégots ramassés, ils peuvent gagner des goodies ». Un ludisme bienvenu, sans infantilisation en parallèle d’autres actions de sensibilisation. Le festival dub travaille avec Les Connexions, une association éco-logistique du déchet événementiel « qui met 80 bénévoles à disposition pour distribuer des sacs de tri et sensibiliser les festivaliers ». Au final, ce sont 80% des déchets qui sont valorisés ou recyclés. Efficace donc ? D’après Steven Jourdan, programmateur du festival Un Singe en Été, la solution est toujours la plus simple : « plutôt que les poubelles de couleur, le plus efficace reste les poubelles transparentes car les festivaliers voient ce qu’il y a dedans. Résultat, on passe deux fois moins de temps à trier les déchets ». Une sensibilisation nécessaire, pas uniquement réservée aux festivaliers, mais aussi pour les artistes et les bénévoles. Le fléau numéro 1 d'un festival ? Les bouteilles en plastique. Pour cela, le Dub Camp a installé des fontaines à eau dans les loges et essaye de sensibiliser les artistes programmés « car on retrouve un nombre incalculable de bouteilles d'eaux abandonnées pleines à 80% ». Une autre solution ? Les gourdes mises à disposition des artistes et des bénévoles. En janvier 2019, le Pôle, en partenariat avec le Reeve, ont mis en place un achat mutualisé. 14 structures musiques actuelles en Pays de la Loire ont profité de cette action commune. Prochain objectif : les festivaliers. Le Pôle lancera, avec ses partenaires de R2D2, le programme"Drastic on Plastic" pour réduire l'utilisation des plastiques à usage unique en festivals.

un enjeu (g)astronomique

Qu’ils soient gros, moyens ou petits, la problématique alimentaire pose question aux festivals de l’Ouest. Comment acheter du bio de proximité sans se fâcher avec le trésorier ? Un Singe en Été, comme d'autres, ne sert que des produits locaux « le fournisseur le plus éloigné habite à 23km. Au début, nous n'avions que produits locaux ET bio, mais c'était financièrement trop coûteux. Nos menus sont depuis élaborés par un centre social du coin ». Des acteurs nouveaux et une restauration améliorée, place au végétarien et à la bière locale. Selon Annabelle Constans, chargée de production de Pick Up Production (Transfert et Hip Opsession), La Brasserie du Bouffay est un acteur essentiel de la consommation de houblon, car « on peut faire plein de choses sans bosser avec des multinationales ». Certes, un partenariat financier n’aurait pas été de trop pour le Dub Camp : « Les softs sont équitables et bio, le vin est local. C’est un coût supplémentaire et on se prive de partenariats avec Coca-Cola ou Heineken ». Un postulat qui ouvre tout de même les portes d’une nouvelle ère, celle des produits de qualité et des contenants à recycler. Ainsi, le festival reggae joue franc-jeu en ne jetant ni assiette ni couverts, qui sont compostables quand Transfert envoie ses déchets végétaux à l’association rezéenne Le Jardin des Vers : « Une fois par semaine, le responsable vient en vélo électrique prendre deux poubelles pleines en échange de deux vides. Le gros est mangé par les canards et les poules et ce qui n'est pas consommé est réemployé comme engrais pour un jardin de permaculture. ».

 

Brico déco

La mode est à la récup’ d’objets anciens, leur offrant une nouvelle utilisation souvent plus festive. Le Track'N’Art Festival a ainsi visité les greniers des habitants de Doué-la-Fontaine en vue de dénicher monts et merveilles, comme l’atteste Steeve Vellutini, responsable du pôle des déchets du festival : « on a fait une campagne pour que les gens du coin nous donnent accès à leur grenier. Nous les avons débarrassé des leurs encombrants et tout récupéré pour notre catering. Vieux meubles, ballon d'eau chaude, canapés, chaises etc. ». Fini le temps des décors et mobiliers jetables d’une année à l’autre, aujourd’hui l’objectif est la durabilité, mais pas au détriment de l’esthétisme. Le festival Rêve du Loup affirme ainsi sa démarche Do It Yourself issue de l’univers des squats. D’après le programmateur Laurent Radigue, « avec deux bouts de ficelle déjà usées, la lampe des voisins, une enceinte sur deux en état de cracher du son et trois bouts de bois de récup, tu te lances dans l'organisation de chouettes soirées authentiques et conviviales ! ». Un esprit qui a donné naissance à la « scénographie durable », distinguant deux méthodes : l’une concerne les grosses structures transportables (bar, mange-debout, totems etc.), pour lesquelles on peut intégrer des éléments récupérés ou revalorisés et l’autre pour des accessoires ou mobiliers plus petits qui peuvent être réinjectés dans des circuits de vente ou de brocanteurs après chaque événement. Un modèle aujourd’hui appliqué par de grands sites tel que Transfert, propriétaire de son chapiteau (avec le Dub Camp) et de son parc technique qu'il loue toute l'année à un tarif préférentiel « plutôt que de le laisser dormir ». Pour la scénographie, tout est d'occasion, trouvé chez des brocanteurs, Le Bon Coin et auprès de réseaux internes, La Ressourcerie de l'Île en tête pour Transfert. L’énergie est elle-aussi modérée avec des laids privilégiés chez Un Singe en été, moins polluants, ou encore une gestion intelligente des groupes électrogènes au Dub Camp. Notons par ailleurs, qu'une Ressourcerie culturelle s'est créé il y a peu sur Montaigu pour redonner vie au matériel technique et décoration dormant dans certains lieux, pour leur redonner une seconde vie.

 

Ne transformez pas un matériau réemployable en déchet toxique !

La récup’ est non seulement une question de porte-monnaie, mais aussi d’identité artistique. Un élément de décor a désormais une durée de vie supérieure à deux ou trois éditions d’un festival grâce à de légers changements. Track'N’Art achète du contreplaqué puis fait venir un peintre et « l'année suivante, on le retourne et on peint dessus. Un an plus tard, on le découpe pour faire autre chose ». Cependant des limites existent pour Laurent Radigue : « Tout système à ses perversions, comme le réemploi de matériaux comme le bois de palette et les bouteilles en plastiques peintes ou vernies pour les customiser. Ces matériaux, initialement réemployables, deviennent des déchets totalement toxiques qui finissent dans les poubelles tout-venant ! ». Un paradoxe à ne pas négliger sans pour autant nier les avancées écologiques modernes : recycler des matériaux déjà utilisés profite à leur durabilité.

Get Up ! Les Barons Perchés Track n'art Un singe en été

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