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09 June 2020

PORTRAITS DÉCONFINÉS (3/16)

Les prestataires techniques

Spectacles reportés, re-reportés, puis annulés, les prestataires techniques de la culture ont vécu des véritables montagnes russes durant la crise du Covid-19. À l'heure de la phase 2 du déconfinement, retour sur trois mois d’inquiétude, mais aussi de solidarité et de résilience.

Une crise culturelle

A force de faire, défaire et refaire des plans de route, il a fallu s’y résoudre. « On annule tout le planning et on attend de voir ce qu’il se passe » annonçait Loïc Tessier, responsable de l’agence Alive Events à Angers, à tous ses collaborateurs en avril dernier. Le prestataire technique de l’événementiel prend, de plein fouet, la crise avec un arrêt brutal de toute activité, ainsi que la mise au chômage de tous ses salariés et intermittents. Après un mois à gérer les reports d’événements, « puis un autre à tout détricoter », l’entreprise vit au rythme des secousses du Covid-19, à l’instar de Zebulon Régie à Nantes : « le plus difficile n’était pas de s’arrêter, mais de continuer à travailler en mars et avril sur des projets de juillet en sachant très bien  qu’ils risquaient d'être annulés ». Samuel Brouillet, gérant et directeur technique, admet des hauts et des bas, mais aussi une période propice à la création de dossiers de fond longtemps repoussés. À ce titre, La Ressourcerie Culturelle – dont l’essence est de recycler et réemployer le mobilier culturel mis au rebut –s’est attelée à la construction d’un réseau national des ressourceries culturelles, un projet alors en veille.

« Phase 2 » : une reprise lente et encore floue

Depuis l’enclenchement de la « phase 2 » du déconfinement, les événements culturels sont désormais autorisés dans certains lieux. La Ressourcerie Culturelle mise, entre autres, sur « les appels à projets sur lesquels on peut diversifier notre activité » ; « Il faut se réinventer, on ne va pas rester comme ça à attendre jusqu’à septembre » estime Damien Forget, porteur de projets. Pour autant, la reprise est loin d’être économiquement viable et de nombreuses structures s’interrogent sur leur avenir proche. Cette réouverture des salles couplée à de strictes normes sanitaires et des jauges réduites peuvent impliquer la fin du chômage partiel et des aides de l’État, provoquant des pertes financières conséquentes.

Une année blanche pour les intermittents ?

Le président a annoncé en mai dernier une « année blanche » pour les intermittents jusqu’en août 2021, qui n’auront pas à justifier leurs heures. Malgré tout, les professionnels attendent toujours son décret d’application, attestant du caractère officiel de l’annonce. « Je suis comme Saint-Thomas, je ne crois que ce que je vois » ironise Loïc Tessier pour qui « les intermittents sont motivés pour travailler. S’il faut faire du régime général, ils le feront pour gagner de l’argent, mais il ne faudrait pas que ça casse leur statut s’ils en font trop ». Michel Bonhoure, technicien son et intermittent chez Techninomades, s’inquiète notamment pour les nouveaux arrivés de la profession pour qui l’accès au statut semble compromis : « les droits de ceux qui sont sortis de formation ne seront jamais examinés. Il y aura peut-être des générations perdues ».

Quel avenir pour le secteur ?

Entre difficultés de trésoreries et risques réels de licenciements, le futur proche est brumeux pour beaucoup d’intermittents et de prestataires. Les professionnels craignent en effet la fin brutale des aides et du chômage partiel, sans lesquels la survie de nombreuses structures est en péril. Samuel Brouillet est conscient de dépendre d'une reprise forte de l'activité à la rentrée car « si ce n’est pas le cas, ce sera une catastrophe pour les petites structures ». Le directeur technique s’interroge notamment sur les annonces encore floues du gouvernement : « le report des charges, c’est bien, mais ce n’est qu’un report, pas une annulation. » Des scénarios qui inquiètent le secteur dans son entièreté.

Ressouder la filière pour mieux rebondir

La résilience est le mot d’ordre de beaucoup de professionnels en vue de sauver le secteur. « Il faudra peut-être passer par un autre modèle de fonctionnement qui s’appuierait sur un nombre moindre de salariés permanents » envisage Samuel Brouillet. Pour y faire face, la cohésion, voire la coopération semblent des enjeux indispensables, indissociables du monde artistique : créateurs et techniciens ne peuvent être qu’interdépendants les uns des autres. Les capacités d’innovation permettront de redonner du sens à ces professions tandis que la voie d’urgence – de sortie de crise – nécessitera des élans de création et de coordination des métiers. D’après Michel Bonhoure « Nous travaillons dans la culture car, pour nous, cela fait sens de mettre des artistes sur scène, devant un public qui veut partager avec eux. Pour cela, il nous faut juste de quoi tenir en 2021 ».


article écrit par Grabuge

photo : parking Alive Events

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