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10 June 2020

Portraits déconfinés (4/16)

Les services aux structures

Comme tous les « oubliés de la culture », les services aux structures font partie de ces prestataires indispensables aux professionnels de l’événementiel ; comme eux, ils ont été durement impactés par la crise du Covid-19. Sans visibilité sur la reprise des spectacles, les professions s’inquiètent plus encore de l’avenir que des jours sombres qu’ils viennent de vivre.

Un confinement impactant

Dès début mars et les prémices d’annulation d’événements, les acteurs des services aux structures ont senti le vent tourner ; le confinement a enfoncé le clou. « Le calme plat s’est installé, comme une chape de plomb qui nous serait tombé dessus d’un coup » se souvient Julie Failler, co-dirigeante d’Oscar, une société nantaise spécialisée dans la billetterie et la production d’accessoires personnalisés. Entre surprise et angoisse, ces prestataires œuvrant dans l’administration, la gestion, la communication, la diffusion, la billetterie ou encore le secours ont été contraints de mettre leurs activités en pause du jour au lendemain. Seuls certains services ont continué, le secteur administratif pour faciliter les démarches ou la communication pour gérer la dépression événementielle. « Il a fallu rebondir dès le début en communication de crise auprès de nos clients pour les accompagner sur la communication des événements annulés » raconte Tanguy Aubrée de l’agence de relation presse et de communication Daydream Music. Mais dépendants du secteur culturel, tous accusent le coup, avec des pertes financières « vertigineuses » en cette saison où l’événementiel bat normalement son plein.

Une reprise timide ou inexistante

Certaines activités ont repris « timidement » ou continué de façon minime après le déconfinement, notamment la promotion artistique. « Ça repart car les artistes ont besoin de faire vivre leurs contenus et d’accompagner le mieux possible l’automne. (…) On a aussi la chance d’avoir une presse culturelle active qui nous permet de travailler à la visibilité de nos artistes » accorde Tanguy Aubrée. Mais il fait figure d’exception dans ce panel de services qui, dépourvu de rentrées d’argent, ne peut faire repartir la machine. Un cercle vicieux qui attise les inquiétudes à moyen terme. « On aimerait que des salariés reviennent pour cogiter sur l’avenir, mais on n’a pas la trésorerie pour » confie Julie Failler. « Il n’y a pas de perspectives de reprise, c’est toute la difficulté » témoigne Franck Bourget, directeur de l’association Medical Assistance & Rescue qui intervient notamment pour médicaliser les spectacles des Zenith, « pour autant, il faut que l’on travaille pour préparer la suite ». Si la majorité des salariés de ces structures ont été placés en chômage partiel durant le confinement, ils le sont toujours à l’heure actuelle. « Les dispositifs mis en place nous ont permis de tenir la barre, mais si les aides sont amoindries sans perspective de travail, ça va se compliquer » explique Franck Legrand de la société angevine L’Igloo, partagée entre la diffusion culturelle et la production d’artistes et tournées.

Un futur sans visibilité

« Le plus dur reste à venir » reconnait Franck Legrand qui, comme la plupart des prestataires, continue à développer des projets pour la suite, en attendant « un retour à la normale ». « On nous demande comment on va rebondir, alors qu’on avait déjà beaucoup de projets pour pérenniser notre activité » se désespère aussi Julie Failler qui déplore le manque de considération à l’égard de tout ce pan de la culture, non moins que Tanguy Aubrée : « On est des artisans de la culture, il faut que les gens nous connaissent et comprennent nos métiers pour avoir une meilleure vision du monde de la culture. » Pour certains, le digital apparait certes comme une activité nécessaire ou une piste de développement, mais qui va de pair avec leur activité naturelle. « Il faut être mesuré quant aux possibilités numériques qui ne remplacent pas les relations physiques. On reste en veille sur le digital mais c’est compliqué de prévoir l’avenir sur ce terrain » déclare Julie Failler. Dans ce contexte où les projections restent floues, la force des réseaux a en tout cas pris tout son sens pour tempérer les craintes et anticiper l’avenir. « Cette crise nous a permis de nous rendre compte que nous devions nous fédérer pour avoir une représentativité et faire valoir nos droits » raconte Tanguy Aubrée. Pour Julie Failler, il est « fondamental d’être bien entouré » et de « rester en réseau pour réfléchir aux adaptations des activités si la crise revenait ». Mais comme beaucoup, elle s’interroge sur cet esprit de corps : « On dit que l’on va tous être solidaires, mais va-t-on en avoir les moyens ? » La suite nous le dira.

Article écrit par Le Sceno
Photo : Bureaux vides à Oscar

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