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25 June 2020

Portaits déconfinés (7/16)

Les médias & opérateurs d'actions culturelles

Après une période chaotique, les médias locaux et les médiateurs culturels reprennent pied. Alors que les écoles et collèges réouvrent, le secteur de l’action culturelle et de l’éducation aux médias restent dans le flou. La rentrée 20-21 comprend son lot d’incertitudes. Retour sur trois mois de crise.

Mi-mars : la culture à l’arrêt

Aucune représentation, fermeture immédiate des salles de spectacle, arrêt de toute activité bénévole... Pris de cours par les annonces gouvernementales, la culture s’arrête en urgence. Dès le 13 mars, Mus’Azik, association accompagnant des artistes de musiques actuelles suspend toute activité. « Certains artistes étaient sur la route, nous les avons appelés pour leur dire de faire demi-tour. On avait des projets d’actions culturelles sur plusieurs semaines en région Grand Est. Tout s’est arrêté du jour au lendemain. » commente Hélène Fourrage, directrice de la structure nantaise. Un climat anxiogène s’installe. « Nous travaillons avec une soixantaine d’artistes et techniciens par an. La première chose à faire était de les rassurer, alors que nous n’avions que très peu d’informations. Et aussi qu’elles changeaient chaque semaine ! » continue-t-elle. L’urgence première ? Sauver les financements, salaires et cachets des intervenants pour soutenir le secteur. « L’objectif était de trouver rapidement le point d'équilibre entre la sécurité du personnel, l'aspect financier et assurer un minimum d'activité pour garder ce lien que nous avons avec nos auditeurs, nos bénévoles et les partenaires » rapporte Loïc Chusseau, directeur de l’association et radio JET.

La frustration s’installe

Très vite, les activités éditoriales reprennent. Pour JET, 80% de la grille de programmation a été maintenue grâce aux bénévoles qui enregistraient chez eux ; Prun’ atteint les 50 %. Pourtant, c’est une longue phase de découragement qui commence. « L’émulation est permanente dans les studios, le confinement était frustrant, notre travail a moins de sens à la maison » explique Élisabeth Carré, directrice de la radio nantaise. Les projets de terrain ne sont pas logés à la même enseigne. L’association angevine Orange Platine tente d’abord de reporter ses activités. « Au début, nous avons créé un document Excel contenant tous les reports et annulations. Aujourd’hui, nous l’appelons le « tableau de la déprime » : il fait plus de 250 lignes » se désole son coordinateur Antoine Aupetit. « Nous avons donc décidé l'annulation pure et simple de toutes nos activités jusqu'à fin-septembre ». L’équipe de Mus’Azik se préoccupe du sort des artistes qui « se sont énormément investis, en termes de travail mais aussi humainement, sur des projets qui ne seront pas menés jusqu'au bout. »  L’inquiétude première des associations se porte vers les publics dits « éloignés ». « C'est aussi frustrant pour les participants (écoles, EHPAD, milieu carcéral, etc.) au quotidien parfois peu joyeux. » Les 4 interviewés expriment différemment un même sentiment : « On a l'impression qu’on lâche les gens ! ».

Malgré tout, ces acteurs ne se laissent pas abattre. De nouveaux contenus apparaissent à la radio, souvent en rapport avec la situation. Ce temps accordé a été l’occasion d’imaginer le futur. Orange Platine, qui développe et accompagne des projets de musique, de danse et de théâtre autour de l'improvisation « le confinement a été dédié à l'écriture de nouveau projets, de nouvelles formes pour des publics que l'on avait encore peu abordés comme le handicap ».

De nouvelles logiques de fonctionnement ?

Le secteur a essuyé une période difficile d’un point de vue économique. À court terme, l’équilibre financier se maintient grâce aux institutions. « Les collectivités locales comme les établissements scolaires nous ont soutenu en assurant le maintien des financements. Tout le monde a joué le jeu. » explique le directeur de la radio JET. Le long terme n’est toutefois pas assuré, encore plus pour les acteurs fonctionnant « au projet » sans subventions de fonctionnement, « on ne pourra faire le bilan qu'à la fin de l'année 2021 »

Pour certains opérateurs d'actions culturelles dont Loïc Chusseau, cette logique d'appels à projet n'a plus de sens. « Aujourd'hui, certaines structures nous disent qu'on ne continuera pas certains projets car l'année prochaine doit se reposer sur de nouveau enjeux et de nouveaux publics. C'est une logique de « consommer toujours plus ». Résultat, certains publics sont laissés de côtés... Adopter des projets et des plans de financement sur plusieurs années offrirait une meilleure stabilité aux structures et surtout une relation de confiance avec les institutions. « Nous ne sommes pas là pour faire de l'argent, nous défendons un projet et des valeurs avec conviction, la plupart du temps pour pas grand-chose alors qu'en parallèle certaines entreprises commerciales trustent parfois nos champs d'activité pour faire du profit » s'inquiète le directeur. « Nous demandons juste à travailler sereinement pour nous concentrer sur nos missions premières. »


Article écrit par Grabuge

photo : Prun' - les studios vides pendant le confinement...

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